jeudi 27 avril 2017

Chronique : Transférés de Kate Blair


Transférés de Kate Blair.
(Genre : Dystopie, Jeunesse).

Éditions Michel Lafon
Prix : 16.95€ (Partenariat)
Date de parution française : 13 avril 2017
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Transferral

  Résumé : Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner toutes les maladies : les transférer aux criminels, dont la quasi-totalité vient des ghettos, maintenus au ban d’une société qui touche à la perfection. C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À 16 ans, elle est la fille chérie d’un politique qui se voit déjà Premier ministre d’Angleterre. Atteinte d’un simple rhume, au plus grand dégoût de son entourage, elle doit subir son premier transfert. Mais à l’hôpital, Talia sauve une petite fille d’une agression. Une petite fille qui vit seule avec son grand frère, Galien, dans les ghettos. Grâce à Galien, Talia découvre l’envers du décor et l’horreur d’un système où seuls les plus riches ont le droit à la santé. Pour changer une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais, Talia devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et combattre tout ce en quoi elle a toujours cru… y compris son propre père. Le monde parfait a un prix


  Quand j’ai lu le synopsis, j’ai eu très envie de découvrir cette dystopie. Ce nouvel univers dans le genre était prometteur. J’étais ravie de pouvoir le recevoir et je remercie Camille et les éditions Michel Lafon. Malheureusement, je n’ai pas été entièrement convaincue par cette lecture.

  Notre narratrice est Talia. Âgée de seize ans, elle vit à Londres avec son père qui est en pleine campagne politique afin de devenir le Premier ministre d’Angleterre. Son programme repose sur le renforcement de la lutte anti-criminalité déjà en place. En effet, dans cette dystopie, les criminels sont punis en fonction de la gravité de leur infraction par l’inoculation d’une maladie. Plus l’acte commis est grave, plus la maladie reçue le sera. Moins d’un mois avant les élections, Talia doit se rendre à l’hôpital pour transférer son rhume à un condamné. Moins d’une heure plus tard, alors qu’elle s’apprête à sortir complétement rétablie, un évènement va chambouler sa vie de privilégiée.

  Au début, j’ai trouvé que Talia était une jeune fille naïve et capricieuse. Comme une enfant trop gâtée, ses réflexions ne correspondaient pas du tout à son âge. Si l’auteur ne l’avait pas précisé, je ne lui aurais pas donné plus de 12 ou 13 ans. Heureusement petit à petit, elle enlève ses œillères. Elle finit par se défaire de sa cage dorée et elle s’aperçoit que le monde dans lequel elle vit n’est pas aussi rose qu’elle voulait bien le croire. J’ai beaucoup plus accroché au personnage masculin, Gallien. C’est à son contact que Talia murit, commence à réfléchir par elle-même et se forge ses propres opinions.

  Comme je le présentais, l’univers de l’auteur est très intéressant. Malheureusement il n’est ni assez développé, ni assez exploité à mon gout. C’est vraiment dommage parce que les thèmes abordés méritaient d’être plus approfondis. Si la rupture de cette société, entre riches et pauvres, ceux qui méritent ou non d’être soignés, avait été plus creusée, j’aurais certainement plus apprécié cette lecture. De plus, j’ai été très étonnée d’apprendre que cette dystopie n’était qu’un one-shot. En effet le roman est assez court, il ne fait que 262 pages. Mais en plus, beaucoup de longueurs font que le lecteur a du mal à entrer dans l’histoire. Ajoutez à ce début laborieux, le caractère insupportable de Talia et vous comprendrez pourquoi je ressors mitigée de cette lecture. Pourtant, l’auteur a une plume agréable et arrive à distiller quelques petits éléments qui nous donnent envie de poursuivre. Les événements s’accélèrent seulement durant les cent dernières pages.

  Je ne conseille pas cette lecture aux habitués du genre, ils seraient déçus. En revanche, les plus jeunes et ceux qui n’ont pas encore lu beaucoup de dystopie s’y retrouveraient davantage.

Ma note : 5/10

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

mardi 25 avril 2017

Chronique : Nos âmes jumelles - Tome 2 : Nos âmes rebelles de Samantha Bailly


Nos âmes jumelles – Tome 2 : Nos âmes rebelles de Samantha Bailly.
(Genre : Contemporain, Jeunesse).

Editions : Rageot
Prix : 12,90€
Date de parution originale : 17 février 2016

  Résumé : L’une écrit, l’autre dessine. La première est aussi solaire que populaire, la seconde timide et solitaire. Sonia finit son premier roman, Lou prépare le concours d’entrée des Gobelins. Car si toutes les deux passent le bac, elles ne rêvent que de partir à Paris étudier. D’ici là, elles développent ensemble sur leur blog BD, Trames jumelles, dont l’audience ne cesse de croître. Côté cœur, Sonia craque pour Gabriel tandis que Lou se demande ce qu’elle éprouve vraiment pour Vittore…


  Le 1er tome avait été un gros coup de cœur. Je me rappelle l’avoir avalé tellement j’avais adoré ! C’était d’une immense fraîcheur et d’un réalisme fou. Le deuxième tome est presque aussi bien que le 1er. Ce n’est pas un coup de cœur parce que je connaissais déjà les personnages : donc pas d’effet de surprises. La couverture est toujours top, ça change de ce qu’on peut voir en librairie. Pour le résumé, je n’ai pas eu besoin de le lire, j’avais juste envie de me délecter de la plume de Samantha Bailly et de retrouver Lou et Sonia. Au final j’ai passé un moment parfait !

  J’aime toujours autant ces petites phrases au début des chapitres. Cela permet de voir un peu le futur des protagonistes. Et c’est toujours plein de bonnes intentions et de connexions. Samantha Bailly nous fait un petit rappel de ce qui s’était passé dans son tome 1. Utile pour les personnes comme moi qui ont lu le 1er livre il y a plus d’un an. En parallèle, elle lance son intrigue avec Lou, Sonia, Mathieu et les familles de chacun d’eux. Vous savez quoi ? Retrouver tout ce petit monde m’a fait du bien.

  Lou et Sonia… deux jeunes filles avec une immense maturité. Elles sont tellement différentes dans leur vie mais en même temps elles se complètent à 100%. J’ai adoré les voir évoluer ensemble et séparément. Chacune a ses difficultés, qu’elles soient scolaires, familiales ou sentimentales. Lou et Sonia vont faire face aux difficultés de cette année de terminale : le bac, l’orientation, les choix pas toujours compris… L’auteur creuse les choses, va au bout des réflexions de ses personnages. Tout est réfléchi et dans l’envie de ce qu’on veut faire au plus profond de soi. J’ai adoré les suivre, voir leur évolution et leur art s’exprimer. Un autre personnage va être un peu plus creusé, c’est Mathieu. Il se révèle touchant derrière une carapace remplie d’humour. Un maelstrom de personnages au top permettant une histoire complète et bien ancrée dans la réalité.

  Comme dans le 1er tome, Samantha Bailly organise son histoire autour d’une année entière. Chaque chapitre correspond à un mois de l’année et aux deux voix des protagonistes : Lou et Sonia. C’est une façon habile de mener le lecteur à s’immerger auprès des personnages pendant 1 an. Cela donne un rythme soutenu et apporte une très bonne fluidité lors de la lecture. Personnellement j’ai été avide de savoir comment les choses allaient se passer. Le soir, lorsque je laissais mon roman pour dormir, j’avais hâte de le reprendre. C’est comme si je laissais deux amies vivre leur vie sans être avec elles.

  Dans ce roman, les sujets sont abordés avec délicatesse et tact. Tout est fait pour que le lecteur soit touché sur telle ou telle chose et ça marche. Même si je ne connais rien à l’écriture ou au dessin, j’aimais voir l’avancement des projets de Lou et Sonia. Leur période petit copain m’a rappelé le lycée et ma première girlfriend. Tout comme le Bac et ses résultats. J’en ai eu des frissons. Famille, amis, amour, lycée, orientation sexuelle, fac, l’avenir et son indécision… Grâce à Samantha Bailly, j’ai revécu mon année de terminale avec ses personnages et je l’en remercie !

  Sa plume est toujours aussi fluide. Elle vous emporte loin avec les personnages et on ressent beaucoup de choses. La fin m’a beaucoup plu, j’ai juste envie de lire le tome 3 ! Mais il va falloir attendre un petit moment. Le seul petit bémol c’est la taille du roman. Il est trop court et j’aurais aimé découvrir autre choses au fil des mois avec Lou et Sonia. En tout cas, c’est une série que je vous recommande chaudement. Vous allez rire, pleurer, revivre vos années lycée et bien sûr… vous allez avoir envie de vous mettre à l’écriture ou au dessin !

Ma note : 8,5/10.

lundi 24 avril 2017

Chronique : Creuse la mort de Paul Clément


Creuse la mort de Paul Clément.
(Genre : Thriller)

Éditions : Auto-édité (Post-Apo Éditions)
Prix : 3,99€ (ebook)
Date de sortie originale : 13 septembre 2016

  Résumé : Que feriez-vous si chaque nuit une fosse était creusée dans votre jardin ? Vous la rebouchez ; une nouvelle vous y attend le lendemain. Vous interrogez les autorités ; nul ne vous répond. C'est la situation à laquelle Frédéric, un banquier de province, est confronté lorsqu'il découvre un beau matin une mystérieuse fosse en plein milieu de sa pelouse. Décidé à en découvrir l’origine, il est loin de se douter de l'ampleur que les événements vont bientôt prendre. Et s'il creusait sa propre tombe ? Celles de sa famille et de ses proches ?


  En octobre dernier, je découvrais la plume de Paul Clément avec son premier roman : « Les décharnés, une lueur au crépuscule » (lien avis). Ce fut un tel coup de cœur qu’il me tardait de me replonger dans un nouvel univers de l’auteur. J’avais même profité de mon anniversaire pour me procurer la superbe édition collector, en hard-back illustré, de ce second roman. Avec « Creuse la mort », Paul Clément confirme son talent de conteur et décroche un nouveau coup de cœur !

  Un matin, juste avant de partir travailler, Frédéric découvre un trou dans son jardin. Cela pourrait être complètement anodin, mais la parfaite régularité de cette fosse laisse notre héros perplexe et mal à l’aise. Ne trouvant aucune explication dans l’immédiat, Frédéric prend le chemin de la banque pour affronter ses clients. Sur le point de franchir la porte de son bureau, contemplant la cage de verre dans laquelle il va s’enfermer pour la journée, c’est la révélation. Il met enfin le doigt sur ce qui le dérange depuis l’étrange découverte matinale : ce trou a tout d’une tombe ! Prêt à tout pour protéger sa femme et sa petite fille, Frédéric va progressivement plonger dans la paranoïa et sa vie va devenir un véritable enfer !

  Après s’être attaqué aux Zombies avec « Les décharnés », Paul Clément s’accapare le thriller horrifique. Il y ajoute une pointe de surnaturel et une bonne dose de tension psychologique. Le résultat est tout simplement bluffant. J’ai adoré ! Beaucoup comparent « Creuse la mort » à un bon roman du maître du genre : Stephen King ! Je me disais que c’était peut-être un peu exagéré… mais ça, c’était avant !!! Ce livre est une petite pépite !

  La plume de Paul Clément est toujours aussi addictive. Les événements et les émotions de nos personnages sont parfaitement décrits. La tension monte progressivement et nous entraîne avec Frédéric. Tout est mis en œuvre pour inciter le lecteur à ne pas lâcher l’histoire avant d’en connaître le point final. Les illustrations de la version collector apportent un réel plus à l’ambiance et collent parfaitement au récit. Finalement, je me suis tant attachée à Frédéric et sa famille que l’auteur a réussi à me tirer une larme. Oui, ça peut paraître bizarre, vu le genre, mais je vous assure que c’est bien le cas. Paul Clément est vraiment doué !! J’ai adoré me laisser surprendre par l’épilogue. J’ai refermé mon livre un sourire aux lèvres après avoir frissonné tout au long de ma lecture.

  Pour résumé, avec « Creuse la mort », vous lirez une histoire originale et captivante avec une ambiance oppressante et une intrigue rondement menée ! Je ne peux que vous conseiller les romans de Paul Clément.

Ma note : 10/10 – Coup de cœur !!

samedi 22 avril 2017

Chronique : Les Porteurs - Tome 1 : Matt de C. Kueva


Les Porteurs – Tome 1 : Matt de C. Kueva.
(Genre : Dystopie, YA).

Editions : Thierry Magnier
Prix : 14,90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 5 avril 2017.

  Résumé : Gaëlle a choisi d’être femme, Flo hésite encore. Matt, lui, sait que dans trois mois, il deviendra un homme. Dans cette société, tous les enfants naissent hermaphrodites. À seize ans, les adolescents doivent choisir leur sexe. Tous, sauf ceux atteints d’une déficience qui les condamne à un autre destin. On les appelle les Porteurs. Matt découvre qu’il est l’un de ceux-là. Mais que cache vraiment la déficience des Porteurs ? Pourquoi l’État les tient-il sous haute surveillance ? Une formidable histoire de manipulation, de secret d’État, et bien entendu, d’amour.


  Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de dystopie. Je dois dire que j’en ai tellement lu que j’ai fini par me lasser. Pas assez originales ou déjà vues… je me suis tourné vers d’autres genres. Pourtant, « Les Porteurs » m’a attiré par son sujet : pouvoir choisir son sexe. De plus, le fait que ce soit une auteur française, ça m’a doublement tenté. J’aime beaucoup la couverture, comme une esquisse de deux personnes… devant faire un choix. Et puis ce résumé, accrocheur et mystérieux. Au final, j’ai passé un excellent moment de lecture.

 C. Kueva commence son histoire en nous présentant une carte de tarot. Carte qui aura son importance dans le reste du récit. A travers le regard de Matt, le lecteur fait la connaissance de ses amis collégiens, tout comme de sa famille. L’auteur place également le contexte de son histoire en évoquant les bases de cette société dystopique. J’ai de suite eu envie de continuer ma lecture. J’étais curieux de voir comment l’histoire allait basculer. J’avais beaucoup de questions en tête.

  Matt est un personnage (à défaut de pouvoir dire garçon ou fille) auquel on s’attache facilement. Il est déterminé à devenir un garçon parce qu’il s’est toujours senti homme. Pourtant, son statut de Porteur va le mettre en difficulté. Sa « Seza », cérémonie de choix du sexe, ne pourra s’effectuer à ses 16 ans. C’est là où Matt va devenir encore plus intéressant. Il va se poser d’innombrables questions. Il va évoluer et chercher des réponses sur son statut. Sa curiosité et sa soif de savoir le rend pour le lecteur important. Je l’ai adoré du début à la fin. On fait aussi la connaissance de Flo, sur le point de choisir son sexe. Un personnage tout aussi intéressant qui se pose des questions sur son identité et sur les conséquences de son choix. Gaëlle, Lou et d’autres vont intervenir dans l’histoire. Certains auraient mérité d’être plus développés mais je suis sûr que l’auteur le fera dans les prochains tomes.

  Le rythme est vraiment bon. L’auteur alterne entre différents points de vue, amenant de la fluidité et une bonne dynamique au récit. On est vite pris par l’intrigue qui se révèle encore plus complexe qu’il n’y parait. Les chapitres sont courts, le livre l’est tout autant. On arrive vite à la fin en tournant les pages à toute allure. Le lecteur voudra comme Matt en savoir plus sur ce qu’il se passe dans cette société. Sur les expérimentations des Porteurs, sur ce qu’ils sont vraiment. On se pose plein de questions. Et puis un personnage devient vite la clef pour Matt, c’est Lou. On ne sait pas si on doit lui faire confiance ou pas… à découvrir.

  Je regrette que l’univers ne soit pas plus développé dans ce 1er tome. On a des explications sur l’arrivée des premiers bébés hermaphrodites, mais cela fait à peine quelques pages. J’aurais aimé que l’auteur aille plus dans le détail, qu’elle creuse un peu plus sont récit. C’est dommage parce que cette dystopie est vraiment bien faite. On soulève des thèmes importants : le choix de son sexe, la bioéthique, le gouvernement totalitaire, les secrets d’une société manipulée. J’espère que l’auteur ira encore plus loin dans le 2ème tome. Elle tout de même le mérite de faire des révélations de folie.

  Sa plume est addictive, même si elle est simple. J’ai ressenti pas mal de choses au cours de ma lecture. J’ai été choqué, surpris, perplexe, désireux de connaître la vérité sur Matt et sur les Porteurs. C’est un style qui vous emporte dans un cocon, un univers bien pensé. Et cette fin, un truc de fou ! En fait, ce n’est pas véritablement la fin mais le 1er chapitre du tome 2 qui me reste en tête. L’auteur nous fait une énorme révélation ! J’espère qu’il arrivera vite parce que j’ai tellement hâte de le lire. Même s’il possède certains défauts, ce 1er tome m’a beaucoup plu ! Je vous le recommande vivement.

Ma note : 8/10.

Merci aux éditions Thierry Magnier pour ce partenariat !

jeudi 13 avril 2017

Chronique : Emmy & Oliver de Robin Benway


Emmy & Oliver de Robin Benway.
(Genre : Jeunesse).

Editions : Nathan
Prix : 15.95€ (Partenariat)
Date de parution française : 13 avril 2017
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Emmy & Oliver

  Résumé : Dix ans après le drame qui les a séparés, Emmy retrouve Oliver. Mais comment renouer avec son ami d'enfance devenu un étranger ? Depuis leur naissance, Emmy et Oliver sont inséparables. Mais alors qu’ils ont 7 ans, Oliver est enlevé par son père et disparaît de la vie d’Emmy, laissant derrière lui un vide impossible à combler. Dix ans plus tard, Oliver est de retour. Emmy ne l’a jamais oublié. Pourtant, au moment de le revoir, le doute l’étreint : que reste-t-il de leur amitié après une si longue absence ? Emmy tente alors de retrouver sa place dans le cœur d’Oliver.


  Une amitié rompue par une séparation est le thème abordé par « Mille baisers pour un garçon » de Tillie Cole et le tome 1 de « One : Même pas peur » de Jacinthe Nitouche, que j’ai lu récemment. J’avais donc très envie de découvrir « Emmy & Oliver » pour voir comment cet aspect avait été traité. Surtout que là, non seulement la raison de la séparation est dure, mais elle est aussi plus longue. Vous allez me prendre pour une tordue (ou peut-être pas tant que ça), mais j’ai encore une fois beaucoup aimé cette lecture !

  Emmy et Oliver sont nés le même jour, habite la même rue, et presque la même maison puisqu’ils sont voisins. On comprend donc très vite que ces deux-là sont faits pour s’entendre et être inséparables. Le roman commence avec un prologue et une jolie anecdote sur leur profonde amitié lorsqu’ils ont 7 ans. Dès le premier chapitre, Emmy nous décrit comment Oliver a disparu, enlevé par son père qui ne l’a jamais ramené. Nous sommes ainsi très vite plongés dans le récit. L’auteur emploie des mots simples mais justes, pour faire parler la petite fille. Nous la retrouvons ensuite, dix ans plus tard, quand une nouvelle que plus personne n’espérait arrive : on a retrouvé Oliver et il est sur le chemin du retour.

« - Je me demande si quelqu’un a vérifié que son étiquette est bien rentrée, ai-je dit tout haut.
Avant qu’on ait pu me demander de quoi je parlais, Oliver était rentré dans sa maison et la porte s’était refermée sur lui.
Et Voilà. Il était rentré. »

  En commençant ce livre je ne m’attendais pas à ce qu’il me plaise autant. Cette histoire m'a pris complètement par surprise. Je pensais relire une nouvelle histoire d’amitié brisée qui se reconstruit. Alors oui, c’est effectivement le cas, mais le sujet est amené différemment et traité d’une toute autre manière. Nous avons ici le point de vue d’une jeune fille qui a souffert de la disparition de son meilleur ami. Elle a également subi les conséquences de cet enlèvement sur son entourage : le changement de comportement de ses parents, enclin à la surprotéger depuis ce tragique évènement. 

  Robin Benway traite le sujet en profondeur. À travers les yeux d’Emmy, elle offre au lecteur la possibilité de connaitre les sentiments de plusieurs protagonistes : les parents d’Emmy, la mère d’Oliver ainsi que ses demi-sœurs, ses amis d’enfance et même son père. J’ai énormément apprécié les échanges entre Emmy et Oliver. Ils nous permettent d’avoir le point de vue de ce dernier. Comment se sent-il vis-à-vis de tout ça ? Comment se refait-il une place auprès de sa mère et auprès de ses anciens camarades ? J’ai adoré voir leur relation renouer et évoluer. Leurs amis, Caro et Drew, sont tout autant attachants. Ils apportent un peu de légèreté et dédramatisent l’ensemble. Ils permettent aussi à l’auteur d’aborder d’autres sujets importants de l’adolescence. J’ai également aimé la fin que nous apporte l’auteur. Elle est logique et laisse place à notre imagination pour l’avenir d’Emmy et Oliver… et c’est génial.

  J’aurais encore beaucoup de choses à dire tant cette lecture m’a plu. Robin Benway a fait de ce roman une histoire authentique, légère et touchante, malgré un sujet au départ dramatique et difficile. Je ne connaissais pas encore la plume de l’auteur, c’est donc une très belle découverte ! Et le petit plus : la couverture VF est non seulement bien plus belle que celle en VO, mais elle apporte un joli clin d’œil à l’histoire d’Emmy & Oliver !

Ma note : 9/10.

Merci à Samia et aux éditions Nathan pour ce partenariat !

mardi 11 avril 2017

Chronique : Signes d'Anna Martin


Signes d’Anna Martin.
(Genre : Romance, Contemporain).

Editions : MxM Bookmarks
Prix : 5,99€ (ebook)
Date de parution française : 8 juillet 2016
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Signs.

  Résumé : Après avoir passé la majeure partie de sa vie dans des écoles spécialisées, Caleb Stone rejoint une école publique pour sa dernière année de lycée. Une perspective qui l’excite autant qu’elle l’inquiète, risquant d’empirer son anxiété sociale. Sourd, et maitrisant avec difficulté la Langue des Signes, il s’est fermé au reste du monde. Caleb trouve du réconfort dans son amour pour la photographie. Tout ce qu’il n’arrive pas à exprimer, il le publie sur son Tumblr. Luttant pour concilier la douleur d’avoir perdu un parent et son ressentiment envers l’attitude de son père, Luc Le Bautillier parcoure Tumblr, cherchant quelqu’un qui pourrait comprendre son look goth et ses attitudes efféminées. Lorsque Luc reblogue l’une des photos de Caleb, c’est le début d’une amitié virtuelle qui devra surmonter bien des obstacles. Après tout, la communication peut prendre de nombreuses formes… quand vous apprenez les signes.


  Signes est une lecture que j’appréhendais. C’est ma première romance M/M et je ne savais pas si j’allais apprécier. Mais porté par l’engouement général, j’ai décidé de tenter. Après tout, je ne voulais pas passer à côté de quelque chose qui aurait pu me plaire. La couverture est très jolie même si elle met un peu mal à l’aise. Le résumé m’avait attiré par les thèmes abordés. Au final, même si j’ai passé un bon moment, certains points m’ont un peu dérangé.

  Dans un premier temps, on suit la rencontre virtuelle entre Caleb et Luc. Deux personnes totalement différentes qui vont accrocher sur un thème commun : la photo et l’art en général. Très vite, les deux garçons vont se mettre à parler sur internet en discussion instantanée. La surdité de Caleb aurait pu les éloigner, pourtant Luc va passer outre et va même commencer à apprendre la langue des signes. J’ai donc été curieux de voir comment leur relation allait évoluer. Et surtout comment l’auteur allait faire éclater cette relation au grand jour.

  Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages autant que je l’aurais souhaité. J’ai bien apprécié Caleb : ses problèmes sont difficiles à gérer et on ne peut pas imaginer ce qu’il vit à l’intérieur. C’est un jeune homme qui va s’ouvrir à la vie et aux sentiments. Si j’ai pu ressentir une certaine frustration émanant de son personnage (par moment), je n’ai pas été transporté davantage. Certes son histoire avec Luc est belle, mais il m’a manqué quelque chose. Luc a un passé familial douloureux et une grosse carapace, c’est avec lui que j’ai le moins accroché. Il est sympa à suivre mais sans plus. Je regrette de ne pas avoir été emporté par Luc et Caleb. Pourtant il y avait un beau potentiel et les personnages sont approfondis. Je n’ai juste pas eu le feeling.

  Le rythme est bon. Les chapitres ne sont pas très longs et apportent une belle fluidité au récit. L’auteur a décidé de mettre en scène deux points de vue : celui des deux protagonistes. Il était donc intéressant de pouvoir les suivre chacun de leur côté. Mais aussi ensemble, et de voir ce que chacun ressentait sur un moment clef de leur histoire. On suit Luc et Caleb, l’évolution de leur relation et les petites difficultés qu’ils rencontrent. On est curieux et avide de savoir ce qu’il va se passer. Pourtant, j’ai eu l’impression que tout était tracé et sans surprise…

  Ce qui m’a dérangé c’est la relation en elle-même. Tout va un peu trop vite pour moi, c’est presque le coup de foudre à la première rencontre. On ne prend pas tellement le temps de se connaître en vrai. Et lorsqu’ils se mettent ensemble, je n’ai pas trouvé de réelles difficultés à part la surdité de Caleb et leur coming-out respectif. Je suis peut-être dur, mais j’ai trouvé que ça manquait de piquant, d’épreuves et de difficultés. Tout est un peu trop lisse et facile. Après l’auteur traite bien ses sujets : la relation amoureuse, le coming-out, la surdité, les réseaux sociaux et la vie de famille.

  Le plume de l’auteur est intéressante et fluide. Alors certes je n’ai pas ressenti grand-chose, mais cela n’empêche pas le style d’être efficace et addictif. J’ai tourné les pages avec une réelle facilité et ce n’est pas pour me déplaire. Bon, cette fin m’a totalement frustré. J’étais là, à lire tranquille, je passe mon doigt sur mon écran de liseuse et paf… c’est la fin ! Je suis un peu frustré par ce final, je pense que ça aurait mérité un petit aperçu de l’après ! Sachez que ce n’est que mon avis, que ce livre a eu de très bonnes critiques. Soit je ne suis pas le public visé, soit je suis un peu passé à côté. J’ai apprécié mais je m’attendais à mieux.

Ma note : 7/10.

dimanche 9 avril 2017

Chronique : À tort ou à raison d'Alix Nichols


À tort ou à raison d’Alix Nichols.
(Genre : Romance, Contemporain).

Editions : Autoédité
Prix : 3,99€ (ebook)
Date de parution française : 2 mars 2017
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : La Boheme, Book 4 : Under My Skin.

  Résumé : Quand Jeanne, la fougueuse barmaid, et Mathieu, l’ancien crapaud devenu prince charmant, se croisent dans une fête de fiançailles, un baptême et un mariage, ils ne peuvent s’empêcher de se toucher des yeux… et des mains. Mais Mathieu est un politicien plein d’ambition, en couple avec une femme exquise, et il sait exactement ce qu’il veut avoir fait de sa vie d’ici cinq ans. Tomber à nouveau amoureux de Jeanne ne fait pas partie de ses projets.


  Avant de démarrer cette chronique, je tiens à remercier Alix Nichols. Tout d’abord de m’avoir proposé son livre et ensuite, pour la confiance qu’elle m’accorde à chaque fois (ah oui, et pour sa patience aussi !) Je dois dire que ce tome si m’a davantage plu que Un rêve inattendu. Plus court et donc plus rythmé. La couverture est aussi sympathique. Le résumé m’a aussi tenté parce que je savais que j’allais retrouver des personnages déjà vu. Au final, même s’il y a quelques défauts, j’ai passé un agréable moment de lecture.

  Ce que j’ai apprécié c’est que l’auteur rentre directement dans le vif du sujet. On fait la rencontre de Jeanne, cette serveuse avec un fort tempérament. Et Mathieu de l’autre côté, qui a bien changé depuis l’histoire de Un rêve inattendu. Au début, Jeanne ne reconnaît pas Mathieu, qui l’attire soit dit en passant. Et Mathieu… devenu beau gosse, a toujours aimé Jeanne. Les deux vont se parler, échanger, sentir une attraction. Mais le souci, c’est que Mathieu est en couple. J’ai donc eu envie de voir comment ces deux là allaient s’en tirer.

  J’ai beaucoup aimé les personnages. Jeanne ne m’attirait pas plus que ça dans le roman précédent. Pourtant ici, j’y ai découvert une fille sensible, qui se cache sous une carapace. Elle a un tempérament de feu (et on l’aime pour ça), je dois dire que j’ai aimé sa franchise et sa droiture. Elle sait ce qu’elle veut (ou pas), et c’est appréciable. Je l’ai davantage apprécié et la rebelle que je connaissais s’est envolée, pour se transformer en femme. Quant à Mathieu, je n’ai pas compris ses choix même s’il est fortement attiré par Jeanne. Se savoir en couple et… Bon ok, je sais que c’est le jeu, mais il faut d’abord apprendre à le connaître dans son intégralité pour ensuite savoir. Et là, je me suis dit qu’il ne pouvait pas faire autrement. C’est en tout cas un homme plein de charme qui va se révéler au fil de l’histoire.

  Le rythme est totalement meilleur au précédent livre. Les chapitres correspondent à un mois de l’année. Du coup, on voit l’avancée des personnages dans un long laps de temps : très appréciable. Et les chapitres ne sont pas très longs, ce qui apporte de la fluidité au récit. Il y a en même temps plusieurs petites intrigues qui apportent du dynamisme. Franchement je ne me suis pas ennuyé, il n’y a pas de petites longueurs, ce que j’avais reproché dans Un rêve inattendu.

  L’auteur aborde ses sujets d’une belle manière : avec délicatesse et franchise. Elle nous parle d’amour, de couple en général, de travail, d’immigration, de femmes battues. Bref tout un panel de thèmes qui peut nous faire réfléchir et avancer dans notre propre vie. Peut-être certaines choses auraient dû être un peu plus développées. Des scènes un peu plus mis en valeur par le temps et les réflexions des personnages. Ce n’est qu’un ressenti personnel. L’histoire aurait gagné en sensibilité.

  Ce qui me peine encore une fois, c’est que je n’ai pas été emporté par la plume de l’auteur. J’ai ressenti deux-trois petites choses par-ci, par-là, mais sans plus. C’est dommage parce que j’aurais voulu être plus emporté que ça. Bon et ce final… quelle frustration totale. Je lisais la dernière scène (en fait sans le savoir) et bim, c’était fini ! J’aurais apprécié un petit épilogue 2 ans plus tard. Ça aurait apporté un peu de fraîcheur et les cœurs sensibles l’auraient savouré. Même si le roman est court, Alix Nichols sait raconter des histoires avec un certain talent. Je vous recommande cette lecture. Avec le printemps qui revient, c’est le genre de récit qui fait du bien !

Ma note : 7,5/10.

Merci à Alix Nichols pour ce partenariat !