mardi 27 septembre 2016

Chronique : Le dernier songe de Lord Scriven d'Eric Senabre


Le dernier songe de Lord Scriven d’Eric Senabre.
(Genre : Policier, Historique).

Editions : Didier Jeunesse
Prix : 14,20€ (Partenariat)
Date de parution originale : 17 février 2016

  Résumé : En se rendant à Portobello Road, le jeune Christopher ne s’attendait pas à devenir l’assistant de Mr Banerjee, un étrange détective privé qui résout ses enquêtes en rêvant. Il s’attendait encore moins à être plongé au cœur d’une effarante affaire : le meurtre à huis clos de Lord Scriven…


  Voilà un autre livre que j’aurais dû lire bien plus tôt. Le fait est que d’autres sont passés en priorité et celui là a dû attendre sagement dans ma PAL. La couverture est en plus très jolie. Ces déclinaisons de bleus, le titre qui ressort parfaitement bien. Elle ne peut qu’attirer les yeux du public dans les librairies. Pour tout vous dire j’avais lu le résumé lorsque je l’avais reçu… et depuis je l’avais oublié. Ça ne m’a pas dérangé, bien au contraire ! J’ai été surpris par les événements et au final j’ai passé un très bon moment de lecture.

  L’auteur débute son récit par la présentation de notre personnage principal Christopher. Jeune journaliste qui se retrouve sans emploi et qui, dans une annonce assez bizarre va postuler… à un job assez bizarre. Eric Senabre met en place son histoire rapidement et au bout de 50 pages, la rencontre entre Christopher et le célèbre mais non moins spécial Banerjee, est effectuée. Le lecteur a donc tout le plaisir de poursuivre l’intrigue en se posant déjà plein de questions. J’ai moi-même été intrigué par la suite des événements.

  Je ne peux pas dire que je me suis attaché dès le départ à Christopher et Banerjee. C’est en apprenant à les connaître au fil de l’histoire que je les ai de plus en plus appréciés. Au 1er abord, Christopher peut paraitre prétentieux et un peu trop fonceur dans ce qu’il entreprend. Quant à Banerjee… il est totalement fou, déjanté, mais on sent tout de même qu’il a la tête sur les épaules. La relation qui va se créer entre eux est attachante parce qu’ils passent d’employeur-employés à amis. Et si je vous parlais de Lord Scriven ? Ce personnage qui possède à lui seul son nom dans le titre du livre. Et bien non, je vous laisse le soin de découvrir quel est son rôle dans l’histoire. Je me suis fait berné par le titre, à vous de l’être à votre tour ! En tout cas il y a plein de personnages intéressants et vous n’allez vraiment pas vous ennuyer.

  Justement le rythme de l’histoire. Les chapitres sont assez longs, au final il n’y en a pas tant que ça. Pourtant Eric Senabre arrive bien à jouer entre la narration et les dialogues dans son récit. Le tout paraît fluide et les pages se tournent très facilement. L’intrigue menée par nos personnages nous rend curieux dès le départ. On se pose des questions sur l’enquête, sur les capacités de Banerjee et puis on se prend au jeu… on essaie de récolter des indices, de les mettre bout à bout et de déterminer qui est le coupable. Les personnages bougent aussi beaucoup dans le roman. Bref, je vous l’ai dit, on ne s’ennuie pas !

  J’ai adoré ce mélange des genres. Le livre possède à la fois une intrigue policière avec Banerjee et Christopher. Mais aussi un côté historique puisqu’on se situe dans le Londres du début du 20ème siècle. Egalement une touche de fantastique car le détective Banerjee a une méthode bien à lui pour décrypter les indices des enquêtes… le rêve. J’ai adoré ces mélanges que fait l’auteur. Tout est bien dosé et tout reste crédible pour que l’intrigue tienne la route. Et je peux vous dire que Lord Scriven va donner du fil à retordre à nos personnages. L’enquête est assez épineuse, le lecteur va devoir se triturer les méninges… mais l’auteur a des idées originales et bonnes pour son intrigue.

  Eric Senabre a une écriture assez mature pour un roman destiné aux enfants à partir de 13 ans. Attention rien n’empêche sa compréhension. Le contexte historique de l’histoire y est d’ailleurs sûrement pour quelque chose. Le style est fluide et on se laisse emporter facilement dans les songes de Banerjee. La fin m’a assez choqué. L’auteur m’a surpris par sa révélation et je dois dire que je suis resté sur les fesses. Bien joué ! J’espère qu’il y aura un tome 2 parce que laisser Christopher et Banerjee m’a fait un petit pincement au cœur. Un roman que je vous conseille… pour les jeunes, comme pour les adultes.

Ma note : 8/10.

Merci à Didier Jeunesse pour ce partenariat !

dimanche 25 septembre 2016

Chronique : Sweet d'Emmy Laybourne


Sweet d’Emmy Laybourne.
(Genre : Aventure, Thriller).

Editions : Hachette
Prix : 15,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 14 septembre 2016
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : Sweet

  Résumé : Bienvenue à bord de l’Extravagance, la croisière de luxe où tout est possible, y compris se sculpter un corps idéal ! En avant-première exclusive, découvrez le SOLU, la solution miracle à tous vos complexes. Il n’y a rien de plus doux que de fondre en se faisant plaisir. Effet garanti : on se battrait pour y goûter !*
*Attention : la compagnie ne pourra être tenue pour responsable en cas de dépendance ou d’effets secondaires éventuels…


  Je ne vais pas vous mentir, ce qui m’a attiré dans ce livre c’est sa couverture. Alors oui on a l’habitude des bouts de visage avec quelques décorations. Pourtant, la couverture de « Sweet » a ce quelque chose en plus. Ces lèvres pleines de sucre, ces mains disposées de part et d’autre du visage… ces tâches de sang. En fait, la couverture peut résumer à elle seule l’ensemble du livre. Et puis arrive le résumé et là j’ai été doublement tenté ! Je suis sûr que vous l’avez été aussi. Au final j’ai passé un excellent moment avec ce bouquin… absolument addictif !

  Dès le début on fait la rencontre de Lauren, notre protagoniste, et de sa meilleure amie Vivika. C’est grâce à cette dernière que Lauren va pouvoir faire la croisière de luxe. On rencontre également Tom, journaliste présent pour promouvoir le SOLU et ses effets sur le corps. On se rend vite compte qu’on rentre dans un univers de paillettes, d’argents et de course à la gloire. Le lecteur se place en spectateur, attendant que les passagers goûtent au SOLU… pour enfin voir si les résultats escomptés sur les passagers.

  J’ai beaucoup aimé les personnages. Tout d’abord Lauren et sa manière de penser. Le fait que malgré ses rondeurs elle se trouve normale et non pas grosse comme Vivika. C’est une jeune fille mature, réfléchie et parfois naïve. Au fil du livre elle va évoluer et se dépasser avec les événements qui arrivent. Et puis… vive le mal de mer (je dis ça, je dis rien ^^). Tom est également un personnage intéressant. Tout le monde le prend encore pour un enfant à cause d’une série tournée étant plus jeune. C’est un homme qui fait attention à son apparence, qui mange équilibré et qui fait du sport. Autant dire que pour lui, le SOLU est inconcevable. Le scénario de la rencontre entre nos deux protagonistes peut paraître cliché. Pourtant c’est cette rencontre qui va tout changer. Lauren va tirer sa force de Tom et inversement. Et je dois dire qu’ils sont mignons tous les deux. D’autres personnages rentrent en compte mais je vous laisse les découvrir.

  Le rythme m’a laissé un peu perplexe. Emmy Laybourne met un certain temps à faire démarrer son histoire… je parle du côté thriller et sang. Elle prend son temps, installe son intrigue, distille quelques pistes au lecteur sans vraiment qu’il s’en rende compte. L’humour du bouquin permet de tourner les pages tout comme l’alternance de points de vue entre Lauren et Tom. Cela permet d’avoir une richesse dans le récit et de voir les deux côtés de l’intrigue. J’ai personnellement eu une curiosité assez malsaine dans les 150 premières pages. Une fois ce cap passé tout s’accélère pour notre plus grand plaisir et c’est super flippant !

  Je trouve le thème abordé très intéressant. Il est rare que les auteurs parlent de minceur et de solution miracle. Emmy Laybourne traite en plus son sujet en connaissance de cause et ça se sent. Des messages importants sont envoyés au lecteur dans ce livre : la dépendance, le poids, les régimes, les solutions minceurs dont on ne sait pas si elles sont efficaces. La mise en scène est vraiment remarquable. Ce paquebot luxueux, la primeur de pouvoir tester le SOLU, tout ce tape à l’œil. Mais le versant noir du récit est mené magnifiquement. Ça va bien au-delà d’une simple petite croisière pour tester un produit miracle… je vous le garantis, vous allez être servis !

  L’écriture d’Emmy Laybourne est assez simple mais qu’est-ce qu’elle est addictive. L’auteure use de beaucoup de dialogues dans son récit et fait de courts chapitres. J’ai aussi très bien pu imaginer toute cette splendeur des lieux, tout comme l’horreur du SOLU. C’était à glacer le sang. Franchement la fin mais WTF comment c’est possible. « Sweet » est un one-shot avec un final totalement ouvert qui laisse le lecteur pantois. J’ai été très choqué et en même temps, je suis super curieux d’avoir un après. Je ne peux que vous recommander ce livre. Si le rythme met du temps à démarrer, c’est un livre prenant et bien mené qui vous fera frissonner !

Ma note : 8/10.

Merci à Marie et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

Pour lire un extrait : ICI.

vendredi 23 septembre 2016

Chronique : Soléane - Tome 1 de Muriel Zürcher


Soléane – Tome 1 de Muriel Zürcher.
(Genre : Dystopie, Jeunesse).

Editions : Didier Jeunesse
Prix : 17€ (Partenariat)
Date de parution originale : 8 juin 2016

  Résumé : Sur le Coracle, cette île qui dérive au milieu des océans depuis plus de 400 ans, le pouvoir impose ses règles, parfois impitoyables. Soléane, qui vient d’être tatouée et déclarée libre, a toujours cru que c’était pour le bien de ses habitants. Pourtant, quand sa mère est brusquement arrêtée par les traqueurs, sa vie bascule. Désormais fugitive, Soléane peut-elle faire confiance à Tyll le jeune rebelle ? Il lui faudra comprendre qui sont ses ennemis, se battre et accomplir sa mission. L’avenir de l’île est en jeu.


  « Soléane » est un livre dystopique que j’ai trop fait traîner dans ma PAL. Sûrement à cause du genre… je me disais qu’une énième dystopie n’arriverait pas à me surprendre. Pourtant, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai commencé le bouquin. Je suis ressorti captivé par cet univers riche et envoûtant. La couverture ne me plait pas personnellement, mais elle représente bien le personnage central de Soléane. Au final le récit est une bonne découverte, j’ai passé un excellent moment !

  Dès le début on est intrigué par cet avant chapitre. On se demande si on va retrouver les personnages dans la suite de l’histoire. On se pose des questions sur l’univers mis en place. L’auteur aborde quelques points très succinctement pour attiser la curiosité du lecteur et c’est réellement bien fait. Et puis le chapitre 1 arrive et on découvre Soléane, son univers, sa famille et on ne peut être que transporté… je vous le garantis !

  Je vous avoue qu’au départ j’ai eu du mal à m’attacher à Soléane. C’est une jeune fille qui est indépendante, respectant à fond les règles imposées par le Coracle. Quand son destin bascule avec l’arrestation de sa mère, elle n’arrive pas à se remettre en question. Alors je ne dis pas qu’elle aurait dû le faire de suite, mais ça a pris un certain temps. Tyll, le jeune homme qu’elle va rencontrer, fait preuve de patience pour lui faire ouvrir les yeux. Soléane est loyale, intelligente, réfléchie et combative. C’est une fille avec un certain caractère que j’ai beaucoup aimé suivre. Son évolution est phénoménale dans le livre. Je ne vous en dirai pas plus sur Tyll ou les autres personnages. Je vous laisse les découvrir. C’est ce mélange des personnalités et de relations croisées qui amène le récit à être ce qu’il est.

  Franchement on ne peut pas s’ennuyer une seule seconde. Il y a beaucoup d’actions et les personnages bougent sans cesse sur cette minuscule île qu’est le Coracle. L’auteure ajoute également beaucoup de révélations et de retournements de situations : le lecteur peut à peine souffler lors de sa lecture. Ajoutez à cela les prises de conscience de Soléane sur l’univers qu’elle a toujours connu. Plus les changements de points de vue qui permettent d’avoir une vue d’ensemble de l’intrigue. Je dis chapeau à Muriel Zürcher pour avoir construit un roman aussi complet. On sent le travail et la connaissance de son histoire. Bravo !

  L’univers dystopique est carrément bien trouvé. C’est original, inventif et aussi carrément tordu par moment. Je ne veux rien vous révéler de crucial mais j’ai quand même envie de vous donner des indices pour vous tenter. Les couples vivant sur le continent et qui avait un enfant devait partir sur le Coracle si la femme pouvait allaiter. Tout ça dans le but d’y perpétrer une humanité saine. C’est ce que font les parents de Soléane au tout début du roman. Autour de cette idée, l’auteure a construit un monde peuplé de règles, de coutumes et de croyances. Un monde millimétré où la religion règne afin de maintenir l’ordre. Chaque personne a sa place dans cette société et personne ne peut y dévier. Soléane va devoir percer les mystères de cette société pour apprendre la vérité.

  Je crois que la plume de l’auteure y est vraiment pour quelque chose dans mon appréciation de l’histoire. J’ai trouvé que Muriel Zürcher arrivait parfaitement à décrire les espaces, l’environnement, les personnages et leurs ressentis. C’est un style mature, avec des phrases complètes et un vocabulaire riche. J’ai adoré la fin et ses rebondissements. Les révélations sont dingues et le lecteur reste bouche bée sur ce qu’il découvre. Je ne peux que vous recommander ce 1er tome. L’univers est top, les personnages sont attachants et l’intrigue est menée tambours battants ! C’est maîtrisé et parfaitement bien écrit. Je regrette de ne pas avoir eu de coup de cœur… mais peut-être pour le tome 2 ?

Ma note : 8,5/10.

Merci à Didier Jeunesse pour ce partenariat !


mercredi 14 septembre 2016

Chronique : La sirène de Kiera Cass


La sirène de Kiera Cass.
(Genre : Fantastique).

Editions : Robert Laffont
Prix : 17,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 22 septembre 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : The siren.

  Résumé : Kahlen est une Sirène, vouée à servir son maître l’Océan en poussant les humains à la noyade. Pour cela, elle possède une voix fatale à qui a le malheur de l’entendre. Akinli, lui, est un beau et gentil jeune homme, qui incarne tout ce dont Kahlen a toujours rêvé. Tomber amoureux a beau leur faire courir un grave danger à tous les deux, Kahlen ne parvient pas à garder ses distances. Est-elle prête à tout risquer pour écouter son cœur ?


  Avant d’écrire « La sélection », Kiera Cass s’était penchée sur « La sirène » qu’elle avait au départ auto-publié. C’est en 2016 que le bouquin refait surface après le succès phénoménal de sa première série. C’est principalement ce qui m’a poussé à vouloir lire le livre. Je connaissais l’écriture de Kiera Cass et son imagination. Du coup, je savais à quoi m’en tenir. La couverture est vraiment sublime. Elle attirera les regards à coup sûr dans les librairies. Je n’avais pas lu le résumé, j’ai préféré me laisser porter par l’histoire. Et j’ai bien fait parce que malgré quelques défauts, j’ai adoré ma lecture.

  J’ai accroché dès le début avec le côté fantastique mis en avant avec Kahlen. On se retrouve 80 ans plus tôt sur un paquebot avec notre protagoniste et sa famille. Kiera Cass se place quelques minutes avant la transformation de Kahlen en sirène. Savoir qu’on va suivre ce changement est très intéressant. Cela nous permet de passer directement de l’autre côté de la barrière, tout en y revenant avec le chapitre 2. Une très bonne entame qui m’a permis d’être curieux pour la suite.

  Oh mon dieu j’ai adoré suivre Kahlen ! C’est une héroïne avec des qualités exceptionnelles. Elle est dévouée à sa vie de sirène et à l’Océan, sa mère. Elle est ultra fidèle envers ses sœurs et l’amour qu’elle leur porte est immensément grand. C’est une « jeune » fille réfléchie, altruiste et qui n’aime pas faire du mal aux autres malgré sa condition. Dommage qu’on n’en connaisse pas plus sur ses 16 premières années de vie (mais on s’en passe facilement et il y a une raison). Son défaut est qu’elle ne pense pas assez à elle. Mais c’est là le but de son évolution au fil du roman. Ses sœurs sont aussi très sympathiques à suivre même si on connait peu de détails sur elles. L’Océan est un personnage à part entière et je dois dire que je n’ai pas su prendre partie pour elle… même si je l’ai compris. Et enfin Akinli… je vous laisse découvrir ce garçon. D’une justesse, d’une gentillesse et d’une sincérité touchante.

  Le rythme est paradoxal. En effet, le livre se lit vite et bien, les chapitres ne sont pas très longs. Kiera Cass use de dialogues pour fluidifier son récit et c’est super. Cependant, le roman souffre d’un manque d’action. L’auteure a construit son histoire autour de plusieurs relations (amicale et amoureuse) sans pour autant y mettre plus de dynamisme. Kahlen et ses sœurs bougent dans l’histoire grâce ou à cause de leur condition… mais on s’arrête là. Cependant ça n’empêche pas le livre d’avoir un rythme entraînant bien que différent.

  L’univers abordé par l’auteure est inédit pour moi. Je n’avais jamais lu de livre sur les sirènes et j’en suis ressorti content. Mais c’est une mythologie qui souffre ici d’approfondissement. Quelques règles sont abordées mais on en reste là. Comme si Kiera Cass avait une idée de base sans savoir comment les développer dans ses romans. Pour « La sélection » c’était la même chose, et c’est dommage. Son talent d’écriture se manifeste avec « La sirène » par les émotions qu’on peut ressentir. Et je dois dire que ça rattrape ce gros défaut de l’univers. J’ai eu beaucoup d’empathie pour Kahlen et ses émotions. L’auteure développe différentes relations avec lesquelles on se retrouve facilement. C’est beau, c’est porteur de messages et on se prend d’affection pour ce couple interdit qui se forme. Et j’ai aimé que justement, le couple ne soit pas le centre de l’attention. Ça se dessine en filigrane et c’est très bien comme ça.

  Je trouve qu’avec ce roman Kiera Cass a évolué dans sa manière d’écrire. Pour nous faire ressentir des émotions, les mots sont justes, bien choisis. Les phrases sont bien tournées et tout est pensé pour nous toucher au cœur. J’ai adoré cette mélancolie, cette musique qui porte le roman comme le chant des sirènes peut attirer les humains… c’est vraiment ce qu’on peut ressentir, donc un grand bravo à l’auteure. La fin m’a plu et je n’en dirais pas plus. L’auteure a su me surprendre par la révélation et c’est tant mieux. Je ne peux que vous conseiller ce roman. Une one-shot original, idéal à lire sur le sable (même si la saison est passée). Vous serez emportés dans l’Océan et vous serez charmés par Kahlen et ses sœurs.

Ma note : 8/10.

Merci à Cécile et à la Collection R pour ce partenariat !

lundi 12 septembre 2016

Chronique : Come back to me - Tome 1 de Mila Gray


Come back to me – Tome 1 de Mila Gray.
(Genre : New adult).

Editions : Milady
Prix : 16,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 27 août 2016
Année de parution originale : 2014
Titre version originale : Come back to me, Book 1.

  Résumé : Alors qu’il est en permission en Californie, Kit Ryan, marine et séducteur à ses heures perdues, ne pense qu’à une chose : Jessa, la sœur de son meilleur ami, la seule fille à laquelle il a juré de ne pas toucher. Terriblement attirés l’un par l’autre, ils succombent à la tentation et vivent une liaison passionnée. À la fin de l’été, quand Kit est renvoyé au combat, le moment est venu de faire ses adieux. Mais leur histoire est bien plus qu’un amour de vacances, et Jessa est déterminée à attendre le retour de Kit. Pourtant, quelque chose de plus puissant que la distance et le temps va les mettre à l’épreuve.


  Quand Milady a proposé à ses blogueurs partenaires ce titre… je ne savais rien de « Come back to me ». Et puis j’ai vu le résumé, assez alléchant bien qu’il ne soit pas original en termes de new adult. Je suis ensuite allé sur Goodreads et là… j’ai vu la note de ce bouquin : 4,10/5 avec plus de 3300 votants. Autant vous dire que je me suis jeté dessus pour le recevoir. Pour tout vous dire je préfère la couverture VO. Elle reflète beaucoup plus le physique des personnages et l’alchimie qu’ils peuvent avoir. Bref, je m’égare déjà. Au final j’ai passé un excellent moment de lecture.

  L’auteure commence fort avec un 1er chapitre qui met l’eau à la bouche. Mila Gray nous fait entrevoir un événement futur dans le bouquin… et nous laisse planter là à commencer son histoire 3 mois avant l’événement en question. Autant vous dire que ça m’a directement envie de me plonger dans l’histoire. J’étais curieux de découvrir la relation entre Jessa et Kit. Une très bonne entame qui ne vous laissera pas indifférent.

  Comment vous dire à quel point les personnages sont attachants. Jessa (déjà j’adore ce prénom ^^) est une jeune fille qui va fortement évoluer. Au contact de Kit elle va peu à peu s’ouvrir, devenir plus femme, plus sûre d’elle et plus ancrée dans la vie qu’auparavant. C’est la jeune fille qu’on aimerait prendre dans nos bras pour lui dire que tout va bien se passer. Au fil de ses expériences, Jessa va faire face à ses complexes et ses difficultés. Kit a tout du beau gosse tombeur de nana. Marines averti avec Riley, le frère de Jessa, il n’a d’yeux que pour cette dernière. Kit a beau avoir un passé tumultueux en ayant fait des conneries… les marines l’ont remis sur le droit chemin. Il est attentif, prévenant, plein de bonnes volontés et son attirance pour Jessa le pousse à être le meilleur des petits amis qui soit. D’autres personnages entre en scène comme les parents de Jessa, son frère Riley, le père de Kit ou encore Didi, la meilleure amis de Jessa. Tous ont un rôle à jouer. Tous vont graviter autour du couple pour les détruire ou bien les soutenir. Ils sont à découvrir, je vous le garantis.

  La construction de l’histoire donne un rythme mitigé. Attention je ne dis pas que le récit n’est pas bon bien au contraire. Je dis juste que l’auteure prend excessivement son temps jusqu’au fameux évènement. Elle aurait dû faire l’inverse : accélérer avant et prendre son temps après. Sinon on ne s’ennuie pas du tout. Le lecteur est intéressé par la relation compliquée que nouent Jessa et Kit. On est curieux de voir comment ils se découvrent. Leur alchimie est intéressante et ne manquera pas d’émouvoir. Les chapitres ne sont pas longs et l’alternance des points de vue apporte une telle richesse au récit. Tout comme une fluidité indéniable.

  L’histoire d’amour entre Jessa et Kit m’a paru crédible même si parfois… j’avais envie de lever les yeux au ciel. Il y a des moments où les personnages sur réagissent ou alors ils ressentent un truc intense en quelques secondes. C’est la seule chose qui m’a dérangé. Sinon le couple que forment Jessa et Kit est beau, touchant, attendrissant. Chacun voulant le meilleur pour l’autre. Une confiance mutuelle s’installe, l’envie de révéler leur idylle se fait de plus en plus forte. Pourtant, chacun sait que se taire est la meilleure des choses. L’auteure table sur des sujets forts comme la famille, la reconstruction après un choc, les amis, l’amour, ses premières fois ou encore la recherche du bonheur. L’ensemble de ces sujets permet d’avoir un roman cohérent.

  Je crois que si le style de Mila Gray avait été banal… l’histoire l’aurait été également. Ici pourtant, la plume de l’auteure aide à faire passer des émotions ! Pfiouu combien de fois j’ai eu ma petite larme en lisant (et même sur le quai du RER ^^). L’écriture apporte une telle intensité, les métaphores utilisés permettent d’approfondir encore plus les ressentis. C’est un atout incroyable que d’avoir un tel talent. Les 100 dernières pages (après l’événement) m’ont achevé… il y a un passage où je n’ai pas pu retenir mes larmes. Les épreuves de la fin amènent de la réalité au récit. La toute fin ne peut que donner le sourire malgré tout ce qu’il s’est passé. Au final malgré 2-3 défauts, « Come back to me » est un must read dans la littérature new adult. Je ne sais pas si je lirai le tome 2 sur Didi… mais je serai en tout cas ravi de retrouver la plume intense de l’auteure.

Ma note : 8,5/10.

Merci à Milady pour ce partenariat !

jeudi 8 septembre 2016

Chronique : Eldorado de Laurent Gaudé


Eldorado de Laurent Gaudé.
(Genre : Contemporain).

Editions : J’ai Lu
Prix : 6,10€
Date de parution originale : 2 mars 2009

  Résumé : Pour fuir leur misère et rejoindre l’ « Eldorado », les émigrants risquent leur vie sur des bateaux de fortune… avant d’être impitoyablement repoussés par les gardes-côtes, quand ils ne sont pas victimes de passeurs sans scrupules. Le commandant Piracci fait partie de ceux qui sillonnent les mers à la recherche de clandestins, les sauvant parfois de la noyade. Mais la mort est-elle pire que le rêve brisé ? En recueillant une jeune survivante, Salvatore laisse la compassion et l’humanité l’emporter sur ses certitudes…


  Je remercie mon ami Pierre de m’avoir offert ce livre. Il avait beaucoup aimé l’ouvrage et m’avait fortement conseillé de le lire. J’étais toutefois septique de le débuter. Vous savez que j’aime le contemporain mais dans cet univers-ci, j’avais quelques appréhensions… En plus la crise des migrants est passée par là entre temps. Du coup j’avais peur de ce que pouvais faire l’auteur. La couverture est simple mais reflète parfaitement l’histoire décrite. Au final sans avoir lu le résumé et en me laissant porter, j’ai passé un très bon moment de lecture.

  L’auteur sait dès le début immerger son lecteur dans le récit. Salvatore, un des protagonistes, va tomber sur une vieille connaissance qui ne l’a pas oubliée. C’est dans ce contexte que l’auteur fait un retour en arrière pour nous expliquer la rencontre de ces deux personnes. Le lecteur est donc curieux de savoir quel lien ils peuvent entretenir. Cet aperçu, cet échange, va être le point clef du récit et à partir de là… Laurent Gaudé tisse son intrigue.

  Je ne pourrais pas dire que je me suis attaché aux personnages. J’ai eu une approche différente de ce que je peux avoir normalement avec mes autres styles de lecture. J’ai peut-être été un peu freiné par mon appréhension. En tout cas, Salvatore et Soleiman sont deux hommes sympathiques à suivre et on comprend leur galère. Il est vrai qu’on ne peut pas rester indifférent à ce qu’ils vivent et on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’on aurait fait à leur place. Salvatore comme Soleiman sont des personnages bien travaillés. Bien sûr, parler de leur passé desservirai le récit. Du coup Laurent Gaudé a pris le parti de le taire et il a bien fait. En tout cas cette double voix apporte une belle richesse au récit.

 Le rythme est intéressant. Il est vrai qu’on ne peut pas s’ennuyer avec cette histoire. Les personnages bougent sans cesse, se remettent en question constamment… et le lecteur ne peut que réfléchir à comment lui, il aurait réagi face à tout ça. Les chapitres sont courts et on alterne entre la voix de Salvatore et la voix de Soleiman. Ce duo permet de mettre en relief le côté migrant avec les passeurs et les difficultés qu’ils rencontrent et le côté force de l’ordre pour les arrêter. Des chemins parallèles qui finissent par se croiser pour au final n’en former plus qu’un.

  Ce livre a bien sûr était écrit avant la crise des migrants. Pourtant il est encore d’actualité et c’est bien dommage. Je ne sais pas si l’auteur s’est documenté, s’il a voyagé ou autre… mais le récit en est tristement réaliste. On voit les difficultés à trouver un travail dans ces pays, on voit les gens qui aspirent à avoir une vie meilleure. Et de l’autre côté les gardes côtes qui sont obligé de se plier aux règles sans jamais rien dire. Comment peut-on faire pour ne pas tendre la main une seule fois ? Comment les migrants font-ils pour se laisser berner par les passeurs ? Et oui, n’oublions pas le titre du livre : « Eldorado »…

  Le style de Laurent Gaudé est vraiment intéressant. Sa plume est descriptive et permet de bien se représenter les lieux, les ambiances, les atmosphères. On sent la chaleur sur sa peau, la fumée qui se dégage du sol, la puanteur sur les bateaux ou encore l’espoir vain des migrants. En ce qui concerne la fin, je n’ai pas été surpris. Je m’attendais à ce qu’il y ait une histoire de ce genre. Du coup je suis un peu frustré que l’auteur n’ait pas réussi son twist. Mais cela reste une belle fin. Très peu d’éléments négatifs au final mais ma note ne frôle par l’excellence. Tout simplement parce que ce n’est pas mon style de lecture à la base. Je n’ai pas eu ce petit truc en plus qui pour moi aurait fait la différence.

Ma note : 7,5/10.

lundi 5 septembre 2016

Chronique : Half Bad - Tome 3 : Quête noire de Sally Green


Half Bad – Tome 3 : Quête noire de Sally Green.
(Genre : Fantastique, Jeunesse).

Editions : Milan
Prix : 16,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 25 mai 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Half Bad, Book 3 : Half Lost.

  Résumé (SPOILERS SUR LES AUTRES TOMES !) : L’Alliance des sorciers libres a été dispersée. Comme tous ses compagnons, Nathan se cache. Mais il ne renonce pas à la guerre, sa guerre. Une amulette secrète lui donnerait le pouvoir de sauver l’Alliance. Nathan part à sa recherche, au risque de s’y perdre, et de perdre tout ce qu’il aime.


  Avant de commencer ce dernier tome, j’avais des appréhensions. Le tome 1 a été un presque coup de cœur et le tome 2 une légère déception… c’est peut-être aussi pour cela que j’ai mis du temps à sortir ce tome 3. Pourtant l’histoire du sorcier Nathan me plaît énormément. Les couvertures sont toujours aussi belles. Je trouve que les éditions Milan ont fait un beau boulot au niveau du design. Pas besoin de lire le résumé quand on connait la fin du tome 2… au final, j’ai adoré ce dernier tome !

  L’auteure rentre directement dans le vif du sujet. Presque immédiatement plongé dans l’action avec un Nathan plus remonté que jamais. La vengeance est le mot qu’il a à la bouche. Se venger de personnes dont il pensait pouvoir faire confiance. Le lecteur ne va pas s’ennuyer avec ce début. Ça donne forcément envie de connaître la suite de l’histoire… pour savoir comment Nathan va évoluer et gérer ses émotions. Et partir dans une quête qui le rendra encore plus fort.

  Autant au début je n’aimais pas franchement Nathan, mais vers le milieu du roman, son évolution fait que je m’y suis attaché de nouveau. C’est un personnage qui possède une évolution incroyable. Il a su s’entourer des bonnes personnes au bon moment. Il a su se remettre en question et accepter le fait que la vengeance personnelle n’est pas forcément l’ultime recours. Nathan peut paraître hautain et prétentieux par moment, mais le pouvoir peut monter à la tête. Gabriel et bien d’autres lui feront comprendre qu’il n’est pas intouchable. D’ailleurs Gabriel est un personnage qui fait du bien. Je n’en dirais pas plus mais il faut le découvrir. Vient ensuite une multitude d’autres personnages qu’il faut aborder… les bons comme les mauvais.

  Le rythme est très intéressant. L’auteure a très bien su jouer avec ses personnages, son intrigue, l’agencement de son récit et sa construction. Il n’y a pas un temps mort, Sally Green fait avancer ses personnages à la bonne allure et chaque étape est primordiale. Les batailles, les remises en questions, les moments plus calmes ou encore les découvertes de l’univers… c’est habilement mené. Il peut parfois y avoir un peu trop de narration. Des fois on aimerait que ça aille un peu plus vite avec un petit dialogue. Mais sinon rien à redire. Surtout que les chapitres ne sont pas très longs.

  L’univers mis en place par Sally Green est très intéressant. Le concept de sorciers blancs, noirs, sang-mêlé ou de personne n’ayant aucune capacité… c’est bien exploité. On a le camp des « gentils » et celui des « méchants ». Cela est très basique dans le déroulé de l’intrigue mais ça marche bien. La quête de Nathan est toute trouvée, se faire accepter comme les autres tels qu’ils sont. L’auteur met en place des stratégies, des camps de base, développe des pouvoirs sur certains personnages et approfondi encore un peu plus son univers. On sent qu’elle le connait à la perfection et c’est top. D’ailleurs j’y serai bien resté un peu plus…

  La plume de Sally Green est très particulière. Je ne sais pas si en version originale c’est la même chose, mais elle a cette capacité à rendre un texte dynamique avec des phrases courtes. Il y a des fois où le roman devient addictif tellement le style est prenant et captivant. Une écriture brute et incisive qui met en relief un univers dur où seuls les plus forts survivent. La fin m’a totalement achevé… je me suis demandé comment l’auteure avait pu me faire ça ! J’ai même versé ma petite larme c’est pour vous dire. Et je pleure rarement pour un roman fantastique. Mais là j’étais obligé, vraiment. Je ne peux que vous conseiller cette série malgré que le tome 2 reste pour moi un peu en dessous. « Half Bad » est une bonne trilogie sur les sorciers. Elle sort des sentiers battus et l’auteure réussit à y apporter son originalité !

Ma note : 8,5/10.

Merci à Elodie et aux éditions Milan pour ce partenariat !