vendredi 26 août 2016

Chronique : Les gens heureux lisent et boivent du café - Tome 2 : La vie est facile ne t'inquiète pas d'Agnès Martin-Lugand


Les gens heureux lisent et boivent du café – Tome 2 : La vie est facile ne t’inquiète pas d’Agnès Martin-Lugand.
(Genre : Contemporain).

Editions : Pocket
Prix : 6,60€
Date de parution originale : 2 juin 2016.

  Résumé (SPOILERS SUR LE TOME 1 !) : Rentrée d’Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux « Gens heureux lisent et boivent du café », son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille. Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé. Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?


  LIVRE COUP DE CŒUR ! Si j’avais relevé deux trois défauts pour le tome 1, « La vie est facile ne t’inquiète pas » a balayé tout mes a priori sur l’histoire de Diane. Agnès Martin-Lugand signe encore une fois une pépite, un tome 2 dépassant largement son ainé. Une couverture accrocheuse, un résumé rassemblant tous les éléments d’un bon récit. Il ne me restait plus qu’à me jeter corps et âme dans ce roman… pour au final l’adorer !

  On rentre très facilement dans l’histoire. L’auteure fait un point sur la situation de Diane depuis le 1er tome. Où en est-elle professionnellement et amoureusement ? Comment gère-t-elle encore le drame survenu au début des « Gens heureux… » ? Et au bout de 33 pages, l’événement du résumé arrive pour notre plus grand plaisir. C’est avec une certaine curiosité qu’on s’immisce dans la vie de Diane mais aussi avec certains doutes. Seuls ceux ayant lu le tome 1 pourront comprendre. Mais le lecteur ne sera pas déçu par ce qui se déroule sous ses yeux.

  Diane est un personnage auquel on ne reste pas insensible. Sa reconstruction, son envie de se dépasser, d’aller mieux, de prendre sa vie en main et d’accéder au bonheur… ce sont des choses que tout le monde va ou a traversé un jour ou l’autre. Ses soucis du quotidien la rendent accessible et on s’identifie aisément à elle. C’est une trentenaire qui fait beaucoup d’introspection, elle ne veut pas faire de mal aux gens. Certains pourraient dire qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut, d’autres encore qu’elle profite de son meilleur ami Félix. Pourtant après toutes les épreuves qu’elle a subies, Diane n’a pas encore cessé de se reconstruire. Olivier est le nouveau personnage de l’histoire. Je ne dirais rien sur lui, juste qu’il est extrêmement gentil. Et que son attention pour Diane est adorable. Je me tairais pour les autres personnages… la surprise doit être totale.

  Le rythme est particulier. Si l’auteure fait des chapitres assez longs, des respirations permettent de faire des pauses durant notre lecture. Agnès Martin-Lugand trouve à mon sens le bon équilibre entre la narration et les dialogues. J’aime me retrouver dans la tête de Diane avec ses questions essentielles et j’aime aussi voir l’interaction qu’elle a avec les autres personnages. Pour l’action en elle-même, il y en a peu. Alors oui Diane bouge beaucoup mais l’auteure se concentre sur les sentiments et sur les thèmes qu’elle a décidé d’aborder. Et ça… c’est ce que je recherche dans un roman contemporain.

  En tant qu’ancienne psychologue clinicienne, Agnès Martin-Lugand possède un don pour donner des émotions au lecteur. Vous riez, vous pleurez, vous êtes touchés par des situations, vous espérez avec Diane, vous l’engueulez quand elle fait des bêtises et vous êtes persuadés qu’elle trouvera son bonheur. Les thèmes abordés évoquent forcément quelque chose en nous : la famille, l’amitié, l’amour, la reconstruction après un drame, l’introspection… Les thèmes maîtrisés permettent un roman plus approfondi. Le fil conducteur est là, le scénario se déroule à merveille et l’auteure sait appuyer là où il faut : bravo !

  « La vie est facile ne t’inquiète pas » est un condensé d’émotions, servi par des personnages authentiques et vrais. La plume de l’auteure y est aussi pour quelque chose. D’une richesse et d’une simplicité désarmante, le style vous permettra d’imaginer Paris, le café littéraire de Diane et les nombreux paysages décrits. Une fin à laquelle je ne me serais jamais attendu en commençant le roman. Agnès Martin-Lugand a su me surprendre tout au long de son récit. Ce roman me permet de dire fièrement que j’ai lu tous les livres de l’auteure. Je vous le recommande, bien évidemment. Personnellement, je m’en vais attendre son prochain titre, patiemment, et je vous en parlerai… avec grand plaisir.

Ma note : 9,5/10.

mercredi 24 août 2016

Chronique : Les descendants - Tome 2 : Retour sur l'île de l'oubli de Melissa de la Cruz


Les descendants – Tome 2 : Retour sur l’île de l’oubli de Melissa de la Cruz.
(Genre : Fantasy, Jeunesse).

Editions : Hachette
Prix : 15,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 29 juin 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Descendants, Book 2 : Return to the Isle of the Lost.

  Résumé : Après avoir passé toute leur enfance sur l’Île de l’Oubli, Mal, Evie, Jay et Carlos n’ont pas rejeté le luxe et le confort d’Auradon ! Après tout, vivre avec des princes et des princesses, c’est loin d’être aussi terrible qu’ils le pensaient. Pourtant, lorsqu’ils sont invités en secret à retourner sur l’Île, Mal et ses amis ne peuvent pas s’empêcher de retrouver leurs mauvaises manies. Mais tout n’est pas exactement comme dans leurs souvenirs. Le danger rôde, et ils vont rapidement devoir unir leurs talents afin de sauver le royaume d’une nouvelle menace, plus sombre et plus mystérieuse encore que les précédentes.


  Cette série de Melissa de la Cruz est adressé à un public de jeunes adolescents. Pourtant la preuve en est qu’elle peut aussi plaire aux adultes. Certes il ne faut pas s’attendre à de la grande littérature mais l’histoire fait son job : elle divertit et fait passer un bon moment. C’est une lecture idéale pour l’été, légère et accessible. J’avais bien aimé le tome 1 puisque j’avais été très surpris par le déroulé de l’histoire. J’avais donc hâte de lire le 2nd opus pour me faire une idée générale des livres. Même si au final le livre possède des défauts (en tant qu’adulte ça saute aux yeux), j’ai passé un bon moment de divertissement.

  Quand j’ai commencé à lire, j’ai compris immédiatement où je me situais. En fait, le 1er tome se place avant le film diffusé sur Disney Chanel et le 2nd livre après. L’auteure prend le temps de faire un petit résumé du film pour ceux ne l’ayant pas vu. Mais franchement si vous avez l’occasion de le voir, c’est un plus. Du coup j’avais bien les éléments en place pour découvrir avec plaisir cette nouvelle histoire. Très vite des choses inhabituelles se passent et… les fils et filles des méchants de Disney vont devoir retourner sur l’Île de l’Oubli. Les plus jeunes seront enchantés par ce début où la mise en place de l’histoire se fait assez vite.

  Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre. Chacun a sa personnalité avec son tempérament et sa manière de réfléchir. Certes ce ne sont pas des personnages très développés et approfondis comme je les aime dans un roman young-adult ou adulte… mais ils font leur job. Mal la fille de Maléfique, Evie la fille de la Méchante Reine, Jay le fils de Jafar et Carlos le fils de Cruella d’Enfer : 4 enfants qui vont se révéler très différents de leurs parents. Mes chouchous restent Mal et Carlos. La fille au caractère fort et le gars intelligent qui ne s’en rend pas forcément compte. Ces 4 amis forment un groupe soudé et uni. La magie opère entre eux et l’alchimie se fait pour le plus grand plaisir du lecteur. Ce sont des personnages complémentaires que l’auteure a bien su mettre en avant.

  Le rythme est bon, bien que j’ai trouvé parfois que ça allait trop vite. On est dans un roman pour jeunes ados, du coup, certaines choses sont trop survolées ou les problèmes sont résolus très vite. Du coup ça gâche un peu le suspense dans l’histoire. Je dois dire tout de même que Melissa de la Cruz a su encore une fois me prendre par surprise dans son intrigue. Je m’attendais à une certaine révélation, évidente et au final non… elle sait se servir des Disney à son avantage. Sinon les chapitres sont très courts, beaucoup de dialogues dans le roman et les personnages bougent sans cesse. De toute façon on ne peut pas s’ennuyer : on chapote des plans, on voyage, on évolue pour être une personne encore meilleure. Bref, ça se lit vite !

  J’aime beaucoup cet univers de méchants enfermés d’un côté et de gentils qui apprennent à vivre sans magie. Les personnages font la passerelle entre les deux et c’est top. Après je regrette que dans ce tome 2, on ne voit pas les parents de nos antihéros. On les devine dans l’ombre, prêts à faire un mauvais coup… mais dommage qu’ils n’apparaissent pas. C’est le seul hic que je pourrais relever. L’auteure met en scène Merlin, Arthur et plein d’autres personnages dans une quête semée d’embuches. Mal, Evie, Jay et Carlos devront apprendre sur eux-mêmes pour avancer. C’est aussi une manière d’apprendre aux plus jeunes à se remettre en question et à faire les bons choix.

  L’écriture de Melissa de la Cruz est simple, accessible et fluide. Ne vous attendez pas à lire de la grande littérature avec ces bouquins. Comme je l’ai dit plus haut, ça fait son job, ça divertit, ça détend et on s’évade le temps d’une lecture. La fin est assez ouverte et je pense qu’il y aura un 3ème tome. Je le lirai avec plaisir si c’est le cas. Malgré mon âge d’adulte, je ne pense pas me lasser de cet univers de Disney qui m’a tant bercé durant mon enfance. Un brin de nostalgie qui ne fait pas de mal lorsqu’on lit. Pour les curieux je vous invite à vous pencher sur cette série… pour les autres : faites selon votre feeling !

Ma note : 7/10.

Merci à Marie et aux éditions Hachette pour ce partenariat !

vendredi 19 août 2016

Chronique : Sunshine - Episode 2 : Le réveil de Sunshine de Paige McKenzie & Alyssa Sheinmel


Sunshine – Épisode 2 : Le réveil de Sunshine de Paige McKenzie & Alyssa Sheinmel.
(Genre : Fantastique, Jeunesse).

Editions : Hachette
Prix : 15€ (Partenariat)
Date de parution française : 6 juillet 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : The Haunting of Sunshine Girl, Book 2 : The Awakening of Sunshine Girl.

  Résumé (SPOILERS SUR LE TOME 1 !) : Sunshine a hérité de son père des dons bien particuliers : comme lui, elle peut aider les fantômes à quitter le monde des vivants. Mais les capacités de Sunshine sont immenses, hors du commun. Pour les comprendre et les contrôler, elle quitte sa vie de lycéenne, Ridgemont et son temps gris, pour le soleil du Mexique. Là où son père, qui l’avait abandonnée à la naissance, lui apprendra tout ce qu’elle doit savoir. Là où elle sera en sécurité. Du moins, c’est ce qu’elle croit…


  J’avais déjà adoré le 1er tome (Ma chronique) pour son côté horreur : j’avais flippé durant ma lecture ! Et avec la fin, on se doutait que le tome 2 allait partir sur un autre registre. Je me demandais comment les auteures allaient aborder ce côté surnaturel. J’étais très curieux de découvrir cette suite et de retrouver Sunshine. La couverture est vraiment très jolie, même si pour le moment, la 1 reste ma préférée. En tout cas les éditeurs américains ont de bonnes idées. Au final, sans avoir lu le résumé, je me suis laissé entraîner par ma lecture… et j’ai beaucoup aimé !

  Le début est intéressant puisque Paige McKenzie et Alyssa Sheinmel font des rappels concernant le tome 1. Même si je me souvenais parfaitement de la fin, certains détails du livre m’avaient échappé. Tout en continuant leur histoire, elles arrivent à remettre en selle le lecteur. On est de suite imprégné de cet univers de fantôme et d’esprits. Ce que j’ai apprécié c’est que dès les 50 premières pages, le résumé est balayé : cela nous laisse près de 230 pages de découvertes ! Génial.

  Retrouver Sunshine m’a vraiment fait du bien. J’adore toujours autant son humour, sa façon de voir les choses et sa manière de se mettre dans des situations parfois difficiles. Sunshine est une fille battante, avec un certain caractère et elle ne se laisse pas marcher sur les pieds… surtout avec sa curiosité débordante. Ce que j’apprécie aussi c’est sa capacité à se fier à son instinct. Elle le dit elle-même, elle ne réfléchit pas assez vite pour prendre les meilleurs décisions. Certaines qualités peuvent aisément se transformer en défauts… mais je n’en dirai pas plus. En tout cas les auteures ont le mérite d’approfondir à chaque fois son histoire personnelle. Et j’apprécie beaucoup. Sunshine est entourée d’autres personnages comme sa mère, Nolan, Aidan ou Lucio. Chacun possède sa place et aucun d’eux n’est à mettre au placard.

  Le rythme est assez particulier. Si on arrive vite à ce qui est écrit sur la 4ème de couverture, il faut un certain temps à ce que l’action se mette en place. Sunshine hésite beaucoup, se pose énormément de questions sur sa famille, ses capacités et ses relations avec les autres personnages. Pourtant ce qu’on apprend est aussi intéressant. Les chapitres sont hyper courts, les auteures amènent beaucoup de dialogues pour fluidifier au maximum la narration. Tout s’accélère dans les 100 dernières pages lorsque Sunshine prend véritablement conscience de certaines choses… et là c’est dément !

  On pourrait penser que l’univers bascule dans quelque chose de déjà vu mais c’est tout le contraire. Je trouve que les auteures ont su amener une touche originale dans leur récit. On apprend plein de détails sur la vie avant la naissance de Sunshine, sur ses parents, ses capacités… et sur un point central de l’histoire. Pourquoi Sunshine est-elle placée au centre de tout cet univers ? Comment peut-elle régler les différents problèmes de l’autre côté de la barrière ? Pour moi, tout concorde, il y a de bonnes explications et on n’est pas perdu une seule seconde. Ce que j’apprécie aussi avec ce genre d’histoire, c’est que les descriptions sont parfois gores… on parle de fantômes, de revenants, d’esprits et donc de morts. Et certaines personnes ne sont pas décédées naturellement. Je vous laisse imaginer !

  J’aime beaucoup l’écriture. Assez dynamique, accessible pour les ados et les adultes. Les auteures réussissent bien à nous immerger dans leur récit et on pense facilement les décors et tout ce qui s’y passe. Le style est aussi addictif, quand vous commencez le livre, vous ne pourrez plus vous arrêter. Je vous assure que l’histoire de Sunshine est prenante… vous serez curieux d’en savoir toujours plus. Et cette fin ! Non mais ce n’est pas possible de finir comme ça. Un final où tout bascule ! J’ai très hâte de lire la suite. J’espère que le livre sortira très vite en anglais pour qu’une traduction française soit faite. En tout cas, je ne peux que vous conseiller cette série… vous allez frissonner, rire et avoir un autre avis sur les esprits.

Ma note : 8,5/10.

Merci à Marie et aux éditions Hachette – Black Moon pour ce partenariat !

vendredi 12 août 2016

Chronique : Le je de trop - Tome 1 de François Belley


Le je de trop – Tome 1 de François Belley.
(Genre : Science-fiction).

Editions : L’écriveur
Prix : 15€ (Partenariat)
Date de parution originale : 6 juin 2016.

  Résumé : 11 septembre 2022. Pour la première fois en France, un internaute se voit infliger une peine d’un an ferme sans Internet. Plongé jusqu’alors dans la grandeur du monde facile de l’accès – de l’accès au temps, de l’accès à l’information, de l’accès à la connaissance, de l’accès à l’autre, de l’accès à un « Moi » devenu roi –, Larry Jonnes se voit frappé du choc de la déconnexion. Loin du Cloud et des réseaux sociaux, ce game designer dans l’industrie du jeu vidéo découvre l’horreur d’une vie « sans » : l’horreur d’une vie devenue impossible sans son « @ ».


  Un livre gentiment proposé par l’auteur lui-même. Je dois dire que le thème m’a de suite interpellé. Quand on traite d’un sujet autant actuel… je ne peux pas m’empêcher d’être curieux. J’aime voir comment les auteurs abordent ce thème qu’est internet et l’hyper-connexion. François Belley m’a donc eu dans ses filets. Une couverture sans prétention qui ne reflète pas tellement le roman. Dommage pour cet aspect. Le résumé en dit assez pour être tenté et c’est ce qui m’a attiré. Au final, je ressors assez mitigé de ma lecture. Certains aspects m’ont plu mais le bouquin souffre de plusieurs défauts.

  Dès le début on se retrouve avec notre protagoniste Larry Jonnes. Il va apprendre que sa connexion Internet va lui être interdite suite à un Tweet allant contre le gouvernement. On sent chez l’auteur dans ce 1er chapitre une envie directe de mettre en garde. Et je dois dire que c’est bien fait, on se pose des questions sur notre propre société. Une bonne entame qui va se poursuivre lors du 2ème chapitre. Cela amène de la curiosité chez le lecteur pour poursuivre sa lecture.

 Je ne sais pas si c’est le sujet du livre qui veut ça, mais je ne me suis pas du tout attaché aux personnages. Que ce soit Larry ou Alix, je n’ai pas été entraîné dans leur vie. On est juste un peu sensible à leurs difficultés et au fait qu’ils se rencontrent dans le bouquin. Il m’a manqué tout un pan de leur vie quotidienne. Une profondeur qui aurait amené plus de relief, moins de superficialité. Larry et Alix aurait été davantage travaillé et je me serai, peut-être, plus identifié à eux. Mais encore une fois, quand on traite de l’hyper-connexion, c’est le détachement entre la personne réelle et celle sur internet qui est soulevé. Du coup, le problème vient sûrement de là.

  Le rythme du livre est agréable. Au début de chaque chapitre il y a une référence à internet telle que « LOG », « IRL », ou encore « OMG ». Une façon pour l’auteur d’apprendre au lecteur quelques termes de l’internet. Les chapitres sont de taille normale ce qui ne ralentit pas le récit. L’histoire s’enchaîne bien et on voit vite se dessiner la structure du livre. Deux personnages, chacun a un problème, ils vont se rencontrer pour essayer d’un résoudre au moins un… mais le souci c’est que j’aurais aimé un peu plus d’originalité. Que l’auteur prenne des risques, qu’il opère fasse des petits retournements de situation. On n’est pas tellement surpris.

 Le thème du livre est bien traité. On parle d’internet donc, de l’hyper-connexion, d’un gouvernement qui surveille tout sur la toile, jusqu’à interdire les personnes d’accès au web si elles peuvent être une « menace » pour la société. J’ai bien aimé comment l’auteur aborde ces aspects. Il y a beaucoup de référence à notre société actuelle et François Belley les manie avec tact. On voit les répercussions d’un monde aussi connecté et ça fait très peur. Cependant, je pense qu’il a voulu en faire trop. J’aurais préféré un peu plus de recul, de détachement, pour que cette société de 2022 ne prenne pas le pas sur l’histoire en elle-même. C’est trop immersif, on bouffe trop d’informations d’un seul coup et c’est dommage.

  L’auteur a pris le parti d’écrire au passé simple. C’est assez délicat, j’y vais parfois à rebrousse poils, ça m’a notamment dérangé dans les passages narratifs. J’ai trouvé que ça alourdissait parfois le texte et c’est dommage. Sinon son style est très adulte et pour en tant qu’adulte je l’ai trouvé abordable. Je dois dire que la fin ne m’a pas enchanté. Quand j’ai refermé le livre je me suis dit : « Tout ça pour ça, vraiment ? » J’ai eu la confirmation de l’auteur qu’il y aura un tome 2. A voir si je le lirai, pour l’instant ce n’est pas dans mes priorités. A vous de voir si vous souhaitez rentrer dans cette hyper-connexion… vous en ressortirez peut-être fou !

Ma note : 6,5/10.

Merci à François Belley pour ce partenariat !

lundi 8 août 2016

Chronique : À la place du cœur - Saison 1 d'Arnaud Cathrine


À la place du cœur – Saison 1 d’Arnaud Cathrine.
(Genre : Contemporain, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 16€ (Partenariat)
Date de parution originale : 1er septembre 2016

  Résumé :
Six jours dans la peau de Caumes qui vit son premier amour.
Six jours de janvier 2015 ou la France bascule dans l’effroi.


  LIVRE COUP DE CŒUR ! Je tiens d’abord à remercier la Collection R et son directeur de publication Glenn Tavennec. Un homme ayant un talent évident pour dénicher de belles pépites : « À la place du cœur » en est une assurément. La couverture brodée main est superbe, elle ne manquera pas d’attirer le regard sur les étals des librairies. Cela change énormément des images avec des visages et ça fait du bien. Le résumé rendra curieux quiconque le lira. Je n’ai pas voulu vous en mettre plus. Avoir la surprise de l’histoire est encore mieux ! Au final, cette 1ère saison est une excellente découverte et j’ai adoré ma lecture.

« Je ne sais pas ce qui va arriver mais c’est le plus beau jour de ma vie. Tout simplement parce que je suis prêt à le vivre », page 21.

  Dès le début, l’auteur nous plonge au cœur d’un groupe de lycéens. Une soirée pour un anniversaire, celui de Caumes, notre protagoniste. Un 1er chapitre permettant de présenter les personnages et de montrer leurs liens. On est au centre d’une mixité sociale, de culture et de manières de penser. Il y a ce petit quelque chose en plus qui fait la différence. Qui nous pousse à continuer sans vraiment savoir si ce qu’on lira nous plaira à 100%. Pourtant, tout est réuni dès le début et Arnaud Cathrine amène très vite les rebondissements nécessaires pour faire avancer son histoire.

« Allez, dis-le que tu chies sur ces putains d’arabes qui mettent le pays à feu et à sang, dis-le que tu les foutrais bien tous dehors, dis-le que la race blanche est menacée, crache ton venin, d’habitude tu ne te fais pas prier », page 75.

  J’ai de suite apprécié Caumes, sa manière de penser et d’aborder les choses. Mais je préviens qu’il peut ne pas plaire à tout le monde. Il est parfois vulgaire et il ne lésine pas sur les mots déplacés. Pourtant si on peut être surpris au départ, on se rend compte que ce langage colle au personnage. L’auteur a voulu nous le rendre plus réaliste et ça marche. Caumes est réfléchi, essayant de faire la part des choses dans les situations difficiles. Un jeune homme voulant profiter de la vie sans pouvoir y parvenir pleinement. Le voir avec sa famille, ses amis et sa chérie, permet d’avoir une vue d’ensemble et de mieux l’aborder. Viennent ensuite d’autres personnages : Esther, Théo, Hakim, Kévin et les parents de Caumes. Tous sont placés dans l’histoire pour aborder un pan culturel, social ou psychologique de la société. Et c’est magnifiquement fait !

« Ce que l’histoire nous apprend, au fond, c’est qu’il n’y a pas un enseignement à tirer une bonne fois pour toutes mais des enseignements à tirer au jour le jour », page 143.

  Le rythme du roman est parfait. Le fait de suivre Caumes et son groupe pendant 6 jours apporte une cadence au récit. On sait où on en est, à quelle date se passe tel événement, et c’est bien amené. Ensuite, les chapitres ne sont pas longs et apportent de la fluidité au récit. Arnaud Cathrine amène en plus de l’originalité à l’histoire pour que la lecture se fasse encore plus rapide : certains chapitres ne sont que des dialogues, d’autres sont représentés en conversations Facebook et il y a aussi des phrases chocs. Les dialogues normaux et les réflexions de Caumes sont justement dosés pour amener un réel intérêt du lecteur.

« J’ai honte. Voilà la vérité. Et la honte ne date pas d’aujourd’hui. J’ai honte depuis mercredi matin. Honte d’être amoureux. Honte d'être tout à mon obsession et de n’être pas totalement assailli […] par la sauvagerie qui paralyse mon pays. Impression de ne pas avoir le droit de vivre ça. Est-ce ma faute si le pire et le meilleur sont survenus au même moment ? », pages 170-171.

 Le thème traité est forcément délicat. Parler de l’attentat du 7 janvier 2015 et y amener parallèlement une histoire d’amour naissante… ça avait tout pour être casse gueule. Pourtant, Arnaud Cathrine réussit son pari haut la main. On est immergé dans la vie de Caumes et on voit au fil des heures, au fil des jours, les répercussions que peut avoir cet événement tragique sur sa vie. L’auteur crée une ambivalence entre l’horreur et l’accès au bonheur. Et puis tous les thèmes abordés font réfléchir : l’actualité encore et toujours, les religions, la radicalisation, l’amour, la famille, les opinions de chacun, les a priori et les amalgames. Un roman permettant de se remettre en question soi-même… je vous le garantis !

« J’ai dix-sept ans, la vie devant moi et de la mort partout. Une saloperie d’équation à résoudre », page 242.

  Enfin le style d’Arnaud Cathrine en déroutera plus d’un. J’ai adoré cette écriture percutante, vive, incisive, qui prend aux tripes et qui ne vous lâche plus jusqu’à la dernière ligne. Ça remet en place, ça met une claque et ça permet au lecteur de se rendre compte de la gravité des choses. L’auteur joue avec les mots et le fait avec brio. Les 50 dernières pages prennent à la gorge et on ressort de cette lecture retourné. Il y a des twists qu’on ne voit pas venir et c’est bien trouvé. Que vous dire à part de noter la date du 1er septembre sur vos agendas ! Un livre à lire de toute urgence, à mettre entre toutes les mains… des ados comme des adultes. Je suis content d’avoir pu lire ce livre et d’avoir eu un coup de cœur pour un auteur français. Vivement la saison 2 !

Ma note : 9,5/10.

Merci à Glenn Tavennec et à la Collection R pour ce partenariat !

dimanche 7 août 2016

Chronique : Commençons par l'éternité - Tome 1 de Camille Revlann


Commençons par l’éternité – Tome 1 de Camille Revlann.
(Genre : Romance érotique).

Editions : Publishroom
Prix : 2,99€ (Partenariat)
Date de parution originale : 7 juin 2016

  Résumé : Calie, une jeune femme exubérante et sexy, vit un amour passionné avec Terry. Tout leur sourit. Jusqu’au jour où les obligations professionnelles de Terry vont faire basculer la vie des deux amants. Maxime, le meilleur ami de cette dernière, va l’aider à faire face à ses démons. Calie va-t-elle supporter la situation ?


  Quand l’auteure m’a proposé son roman, je dois dire qu’elle m’a tenté. J’avoue que la couverture n’a pas joué en la faveur du livre. Trop explicite, ne reflétant absolument pas l’ensemble du bouquin. C’est dommage parce que c’est limite provocateur. Le résumé lui, m’a bien plu. J’ai donc eu envie de découvrir le récit pour laisser une chance à Camille Revlann. Au final le roman s’avère être décevant. Je n’ai pas trouvé en cette lecture ce que j’y avais cherché. De plus, le livre possède plusieurs gros défauts.

  Le 1er chapitre avait bien commencé. L’auteure pose ses bases, raconte comment ses personnages se sont connus. Elle a une manière originale de s’adresser presque directement au lecteur à travers Calie, notre protagoniste. Le style ne m’a pas dérangé et heureusement, sinon j’aurais abandonné ma lecture. Mais… là où ça n’a pas fonctionné, c’est que dès le 2ème chapitre il y a une scène de sexe. Et on va les enchaîner, ce qui m’a assez dérangé. Je restais tout de même curieux de savoir la suite.

 En repensant à ma lecture, je ne me suis pas tant que ça attaché aux personnages. Calie est sympathique et on la suit avec plaisir. Il en est de même avec Terry, Maxime et les autres. Cependant, l’auteure ne prend pas le temps d’approfondir ses personnages. Comme j’aurais aimé en apprendre plus sur leur passé respectif. Alors oui, Camille Revlann dévoile les rencontres des amis et des amants. Mais ça s’arrête là. Des souvenirs familiaux, quelques anecdotes bien tournées ou encore des moments clefs auraient été largement mieux. Il y a tout un contexte à créer et à revoir pour que l’histoire soit encore meilleure.

  En ce qui concerne le rythme, il est vrai qu’on ne perd pas son temps. Des scènes hots, quelques moments d’actions et une suite de roman bien plus prometteuse. Pourtant, je me suis un peu ennuyé avec ce que je lisais. Je trouvais les choses répétitives, notamment au niveau des scènes érotiques. Calie se fait effleurer et hop c’est la fiesta dans son bas ventre. Euh non, ce n’est pas super crédible. Et puis je ne sais pas, le scénario aurait pu me surprendre mais même la fin j’y avais pensé en lisant. Du coup, je ressors assez frustré et déçu de ma lecture.

  Au niveau des émotions, je n’ai pratiquement rien ressenti. Je n’ai pas été émoustillé. J’ai trouvé les scènes crues, l’auteure n’a pas assez pris le temps lors de ces moments. Ça manquait de sensualité, de jeu de séduction… tout ce que j’aime dans une bonne romance de ce style. Après il est vrai que j’ai apprécié la Calie retranchée sur elle-même. J’ai davantage ressenti des choses. Encore une fois le scénario de l’histoire se déroule vite et c’est très dommage.

  Le style de l’auteure est sympa. On sent quand même que c’est un 1er roman. Elle se cherche dans son écriture, dans sa manière de tourner les phrases, d’happer le lecteur et c’est normal. En tout cas elle a le mérite d’avoir une plume imagée. La représentation dans l’espace est importante. Bon la fin… sans plus pour moi. Je m’y attendais comme je l’ai dit plus haut et ça ne m’a pas donné envie de lire la suite. Voilà ma chronique sincère. Je sais que l’auteure a plus de succès avec les filles pour son histoire. Elle voulait avoir un avis masculin… en espérant qu’il soit positif, mais c’est raté avec moi. En tout cas, vous devez seul choisir de lire ou pas ce livre.

Ma note : 4,5/10.

Merci à Camille Revlann pour ce partenariat !

vendredi 5 août 2016

Chronique : La Sélection - Tome 4 : L'héritière de Kiera Cass


La Sélection – Tome 4 : L’héritière de Kiera Cass.
(Genre : Dystopie, YA).

Editions : Robert Laffont
Prix : 17,90€
Date de parution française : 7 mai 2015
Année de parution originale : 2015
Titre version originale : The Selection, Book 4 : The Heir.

  Résumé : À dix-huit ans, la Princesse Eadlyn se sent prête à devenir reine. Elle l’est beaucoup moins à trouver un mari, au point que cette idée ne l’a même jamais effleurée. Quand elle consent finalement à ce que ses parents lui organisent une Sélection, Eadlyn voit son quotidien bouleversé par l’arrivée de ses 35 prétendants et la folie médiatique qui l’accompagne. Mais entre les raisons du cœur et la raison d’État, la Princesse va devoir faire des choix, et, au fil des semaines, se prendre à ce jeu dont dépend l’avenir d’Illeá…


  J’ai lu ce bouquin en LC avec Momoko (son blog) et mon binôme Guillaume (son blog). On essaie à chaque fois de se faire cette série ensemble et c’est un toujours un régal. Franchement, quand Kiera Cass a annoncé une suite à la 1ère trilogie « La Sélection », je ne pensais pas la lire. Pourtant mon intérêt a été titillé lorsque j’ai appris que l’histoire se plaçait 20 ans plus tard… avec Eadlyn, la fille d’America et Maxon. La couverture est sympathique même si ma préférée restera celle du tome 3. Elle a le mérite d’être dans le même esprit et c’est bien. Au final, même si ce tome 4 possède de petits défauts, je ressors agréablement surpris (positivement !) de ma lecture.

  Dès le départ on se retrouve vite confronté à la vie de la future Reine. A son environnement, son caractère (bien trempée s’il vous plait !) et à sa famille. L’auteure nous présente ce nouveau contexte, ce nouveau cocon familial et rappelle un peu les événements du passé. C’est un plaisir de retrouver cet univers dystopique qu’on a si bien connu avec America. Ce qui est bien c’est que le lecteur se retrouve vite confronté à la mise en place de la Sélection d’Eadlyn. Et être de l’autre côté de la barrière se révèle être un attrait non négligeable pour l’histoire.

  J’avais lu des avis sur le caractère d’Eadlyn. Qu’elle pouvait paraître hautaine, très sûre d’elle et limite blessante. Oui, c’est une forte tête, elle sait ce qu’elle veut et n’en démordra pas. Mais dès le départ, l’auteure nous habitue à sa psychologie. Elle a une manière de penser, elle a été formatée, presque dès sa naissance à devenir Reine. Du coup ça ne m’a pas du tout dérangé. Je l’ai apprécié dès le départ, l’admirant devant sa ténacité et ses positions arrêtées. Pour moi, Eadlyn est un personnage fort, qui se révèle être une fille au grand cœur… j’en suis persuadé. Vient tout un panel de personnages avec la famille, les gardes, la dame de chambre et les prétendants. On voit d’anciens personnages qu’on retrouve avec plaisir. Des nouveaux (notamment des prétendants) avec qui on sent que ça ne va pas passer. « La Sélection » c’est ça, un maelstrom de gens, autant différents les uns des autres, mais qui forment au final un tout homogène et appréciable.

  J’ai peut-être lu ce livre en une semaine et demie par manque de temps… mais il se dévore. Les chapitres sont courts, Kiera Cass laisse une part importante au dialogue ce qui amène de la fluidité. On se prend au jeu de cette nouvelle Sélection. On se met à la place d’Eadlyn, qui n’en veut absolument pas. On voit les stratagèmes, les diversions pour contenir un peuple en train d’éclater. On peut reprocher un manque d’action. Il est vrai qu’il n’y a pas tellement de surprise. On se contente de suivre la compétition sans qu’il y ait d’éclats. Pourtant la curiosité est là et le roman devient vite addictif. Envie de connaître les prétendants, de voir les réactions d’Eadlyn, de savoir si la mise en scène passe. Donc on lit, on lit et on lit.

  Ce que je reprochais déjà à la 1ère trilogie se confirme encore dans ce tome 4. Kiera Cass n’approfondit pas assez son univers dystopique… c’est fort dommage. On se contente de rester au palais sans vraiment avoir un écho de l’extérieur. On connaît bien sûr plusieurs nouveaux aspects du règne de Maxon, mais c’est trop peu. L’auteure réussit par contre à immerger son lectorat dans la double fonction d’Eadlyn : son travail de future Reine et sa nouvelle expérience dans la Sélection. Cette ambivalence est bien amenée, décrite et on se rend compte du poids porté sur ses épaules.

  L’écriture de Kiera Cass est toujours aussi fluide et accessible. On s’imagine bien les rendez-vous avec les prétendants, les moments dans le château et dans le jardin ou encore les instants filmés. Plus j’avançais dans l’histoire et plus je sentais une évolution avec Eadlyn. Et j’ai aimé ça. La voir grandir, mûrir avec les responsabilités qu’elle doit prendre. Et la fin m’a tué… comment l’auteure a pu me faire une chose pareille. Je lirai avec plaisir le tome 5 pour terminer cette saga. J’ai hâte de le lire et j’espère le faire bientôt. Je préviens tout de même que ce 4ème opus peut ne pas plaire. Notamment avec le caractère d’Eadlyn… mais prendre le risque en vaut je pense, la chandelle.

Ma note : 8/10.

Les chroniques de Momoko et Guillaume pour cette lecture commune : ICI et ICI.