vendredi 9 décembre 2016

Chronique : Les légendes de la Moïra – Episode 1 : L’ombre d’un Maître disparu de Gavriel Howard Feist


Les légendes de la Moïra – Episode 1 : L’ombre d’un Maître disparu de Gavriel Howard Feist.
(Genre : Fantasy).

Editions : CKR éditions
Prix : 0,99€ (Partenariat)
Date de parution originale : 26 novembre 2016

  Résumé : Ici commence l’histoire de celles et ceux qui s’apprêtent à réécrire les légendes de la Moïra. Au large du continent, sur une terre aux paysages sauvages où se mêlent hautes montagnes, rivières tumultueuses et vastes forêts, les Hommes, les Elfes et les Orques tentent, tant bien que mal, de préserver une harmonie aussi précieuse que précaire. Forgée cinq cent ans plus tôt, l’alliance des Hommes et des Elfes sombre peu à peu dans les brumes de l’oubli. Les liens du passé se distendent, tandis que l’ancien règne de terreur du Maître et de son Triangle Noir ressurgit des profondeurs de la forêt, menaçant l’équilibre de l’île toute entière.


  Une nouvelle série de la maison d’édition CKR cette fois-ci dans leur collection émeraude. La fantasy est un genre que je délaisse de plus en plus et pourtant j’apprécie en lire. La publication de ce roman est découpée en épisode. Un choix éditorial que je n’apprécie pas trop mais qui laisse quand même curieux pour la suite. La couverture est sympathique bien que sombre… mais je pense que c’est en écho avec l’univers. Au final j’ai bien aimé cet épisode bien qu’il fut trop court à mon goût.

  Le début commence assez fort puisque l’auteur nous présente une créature qui se nourrit d’un être humain qu’elle trouve après son réveil. Ça met dans l’ambiance directement et c’est ce que j’aime dans les récits. Puis on fait un bon dans le présent et l’auteur nous présente un personnage principal (dont j’ai oublié le nom). Un personnage féminin au caractère fort et qui sait ce qu’elle veut. Ça va promettre pour la suite sachant son statut et son importance dans le récit. Je n’en dirais pas plus sur les personnages, j’attends d’en savoir davantage sur eux. Mais j’ai en tout cas bien accroché pour le moment.

  L’auteur prend le parti d’alterner entre les temporalités. J’aime bien cet aspect puisque cela permet de tourner les pages et de toujours vouloir connaître la suite. C’est aussi une façon de moins se lasser puisqu’en fait, on a deux intrigues eu une et c’est bien joué. La nouvelle se lit vite puisqu’elle fait à peine 20 pages sur Kobo. Je le répète mais pour moi c’est bien trop court. L’univers est quant à lui intéressant. Je pense que Gavriel Howard Feist a un univers très complet et j’ai hâte d’en apprendre plus. De la fantasy adulte originale et à ma portée.

  Enfin le style de l’auteur m’a plu. On s’imagine bien les lieux et les scènes et on ressent pas mal de choses à la lecture. Une bonne manière d’immerger le lecteur dans ce 1er épisode et de le tenir en haleine. La fin de l’épisode donne forcément envie de lire la suite… que je lirai avec plaisir même si je sais que l’épisode 2 sera encore une fois trop court !

Ma note : 7,5/10.

Merci à Delphine et à CKR éditions pour ce partenariat !

mardi 6 décembre 2016

Chronique : Je t'avais prévenue ! de Chrys Galia


Je t’avais prévenue ! de Chrys Galia.
(Genre : Contemporain, Romance)

Editions : Librinova
Prix : 4,99€
Date de parution originale : 29 septembre 2016.

  Résumé : Eyleen est chirurgien, belle, vivante, passionnée, et lorsqu'elle doit remplacer un collègue au pied levé auprès d'un patient aussi mystérieux qu'indomptable, elle va voir son quotidien et ses grands principes bouleversés. Comment gèrera-t-elle cette relation chaotique et renversante? Arriveront-ils à s'aimer malgré le secret ? Peut-elle faire confiance à cet homme sans rien connaître de lui ? Entre rencontres foudroyantes et départs précipités, ces deux là vont vivre une passion tumultueuse et dévorante...


  J’ai pu lire cet ouvrage dans le cadre de mon stage chez Librinova. Au départ j’ai été sceptique de lire ce livre : je pensais que les personnages n’allaient pas me plaire ou que l’écriture serait banale. Pourtant, je me suis laissé embarquer dans ce récit qui fait un peu penser à Grey’s Anatomy (mais c’est tellement plus que ça !) Et puis la couverture est tellement accrocheuse visuellement. Je suis content que l’équipe de Librinova ait pu changer l’aspect du livre. Au final, j’ai passé un bon moment de lecture.

  Dès le début l’auteur présente son personnage principal. Eyleen, jeune chirurgien trentenaire, bien dans sa vie et dans ses baskets ayant réussi de brillantes études de médecine. On commence à la suivre au cours d’une opération difficile mais qu’elle réussit à merveille. Très vite, elle s’intéresse à l’homme qu’elle a opéré : pas de nom ni de prénom, pas de métier ni d’adresse… un inconnu. Pourtant il n’est pas désagréable à regarder physiquement. Lorsque « John » va se réveiller, Eyleen va se rendre compte qu’elle est attirée par lui (peut-être un peu trop vite) malgré son air hautain et trop sûr de lui.

  J’ai adoré Eyleen, sa façon de voir les choses et de les envisager. Son assurance, sa confiance en elle et dans ses capacités de chirurgien. J’aime les personnages féminins avec un caractère fort qui s’assument. Pourtant, son assurance va peu à peu retomber au contact de « John ». Eyleen va se faire plus sensible, plus femme et son évolution m’a beaucoup plu. Elle est prête à tout pour faire tomber ses idéaux sur l’amour… surtout quand elle ressent que « John » est l’homme qu’il lui faut. Ah ce personnage masculin. Je dois dire qu’au départ j’ai eu du mal à le cerner. J’ai aussi peut-être eu du mal à l’apprécier. C’est un homme à femmes, ses relations ne durent pas plus d’une nuit. Pourtant au contact d’Eyleen, « John » va se révéler être un gros romantique. On l’apprécie de plus en plus dans le récit grâce à notre chirurgien et sa persévérance fait plaisir à voir.

  Le rythme est assez dingue ! Chrys Galia alterne le point de vue des personnages principaux dans son histoire. Cela permet d’avoir une fluidité incroyable et de tourner les pages sans s’en rendre compte. Cette alternance permet également d’approfondir le récit en ayant les ressentis d’Eyleen et de « John ». On peut voir si chacun est sincère l’un avec l’autre. L’histoire est bien ficelée, les événements s’enchainent vite et bien. Le lecteur ne s’ennuiera pas une seule seconde et l’auteur le prendra même par surprise. Il y a certains points que je n’ai pas vu venir !

  Avec « Je t’avais prévenue ! », Chrys Galia aborde des thèmes qui parlent à tout le monde. L’amour, la vie de famille, l’amitié, la confiance ou encore la fidélité. Des choses qu’elle aborde avec réalisme, sans en faire trop et du coup, c’est super crédible. Bien sûr, toutes les ficelles de la romance sont là mais elles sont bien utilisées. L’auteur joue aussi avec nos sentiments : joie, tristesse, surprise, colère… Il y a même de la tension parfois, tellement nos personnages sont électriques !

  Le style d’écriture de Chrys Galia est ma plus grosse surprise. Très addictif, elle va à l’essentiel sans faire de chichi et c’est efficace. Vous ne pourrez pas vous arrêter de lire tellement votre lecture sera prenante ! La fin m’a plu même si elle aurait pu être un peu plus développée. J’entends par là que j’aurais apprécié une fin qui se passe quelques mois plus tard. Je ne peux que vous recommander ce livre. Certains diront qu’il est cliché ou que c’est du déjà vu… pourtant c’est extrêmement bien fait ! Quand on a besoin de ce genre de récit, c’est ce livre qu’il faut lire. Êtes-vous aussi curieux qu’Eyleen pour découvrir la véritable identité de « John »… au péril de votre vie ? Oui ? Non ? Pourtant faites attention. Je vous aurais prévenus !

Ma note : 8/10.

lundi 28 novembre 2016

Chronique : Comment j'ai tué mon père de Frédéric Vion


Comment j’ai tué mon père de Frédéric Vion.
(Genre : Autobiographique).

Editions : Flammarion
Prix : 18€
Date de parution originale : 7 octobre 2015

  Résumé : Comment s’en sortir quand on est un petit garçon dans une famille apparemment très ordinaire, mais que son père est un tyran domestique et qu’un monde s’écroule autour de soi ? Un père violent, une époque qui l’est aussi, et l’Histoire qui s’en mêle : tout concourait à démolir le narrateur… à moins qu’il n’arrive à se montrer plus résistant qu’eux.


  Autant vous le dire tout de suite, je ne vais pas être tendre avec ce roman. Et je m’en excuse d’avance parce qu’il est en plus autobiographique. Je l’ai lu dans le cadre du Prix du livre numérique organisé par Youboox. J’étais pourtant tenté par l’histoire et par ce qu’elle pouvait apporter au lecteur. Tout en sachant que c’était en plus un journaliste qui l’avait écrit… je trouvais ça encore plus intéressant. La couverture est elle attirante et reflète bien ce que peut nous dévoiler le résumé. Au final je ressors déçu de ma lecture. Frédéric Vion est assurément un bon journaliste mais nous ne sommes pas tous nés pour devenir écrivain…

  L’auteur commence dès le début par la présentation d’un père tyrannique aimant les armes à feu. Ça m’a beaucoup surpris qu’une personne d’autorité ait ce penchant. Surtout en ayant des enfants si jeunes… on ne sait jamais ce qu’il peut arriver. C’est un début qui accroche et j’ai donc eu envie de poursuivre ma lecture. Même si ça peut paraitre déstabilisant, la curiosité était là et c’est le principal, n’est-ce pas ?

  Autant vous dire que je ne me suis pas du tout attaché aux personnages. Que ce soit le petit Frédéric ou même les autres membres de la famille. Le fait est que l’auteur remonte le temps et narre l’histoire depuis son arrière grand-père. C’est comme si j’avais sous les yeux une déclinaison de génération sans pour autant rentrer dans le vif su sujet. Alors oui certaines anecdotes choquent ou font sourire. Mais on en reste là. Les personnes ne sont pas assez mises en avant, ne sont pas développés et l’auteur s’y est perdu. Pour moi je lisais le bouquin sans y trouver un grand intérêt.

  Heureusement que le livre est super court, environ 150 pages. Je lisais mais je m’ennuyais. J’ai trouvé que la narration descriptive alourdissait le récit. Si je me rappelle bien il n’y a aucun dialogue. Faire un choix aussi culoté ne marche pas pour ma part. Cela ne permet pas aux personnages d’interagir entre eux, de leur donner un peu de vie et d’humanité. Le récit est très froid, on reste à la surface et c’est bien dommage.

  Frédéric Vion a par contre su m’intéresser pour le pan historique de la Moselle. C’est détaillé et bien décrit, les recherches sont là et on sent le travail. Sur le reste, c’est juste l’histoire en elle-même qui ne m’a pas plu. Peut-être que les choix de l’auteur n’ont pas été les bons. J’aurais vu ce récit d’une toute autre manière. Je suis aussi peut-être passé à côté, c’est possible. Mais je suis resté sceptique le manque de développement du thème principal.

  En ce qui concerne la plume de l’auteur, je n’ai rien ressenti de particulier. J’ai eu l’impression qu’il couchait des souvenirs sur le papier et que ça lui faisait du bien de s’épancher sur tel ou tel sujet. Un peu brouillon, un peu mal fait… Et la fin m’a assez surprise parce que justement j’ai tourné la page et paf, plus d’histoire ! C’était fini alors que je pensais être à 80% du roman. Dommage pour moi, mais ce roman n’aura pas été une franche réussite.

Ma note : 5/10.

Merci à Youboox pour ce partenariat !

dimanche 27 novembre 2016

Chronique : Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet


Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet.
(Genre : Historique).

Editions : Gulf Stream
Prix : 17€
Date de parution originale : 3 septembre 2015.

  Résumé : Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l’épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l’exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la soutenir. Quand la première Guerre Mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C’est l’occasion pour Solange de s’affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s’organisent peu à peu sans les hommes…


  J’ai lu ce livre dans le cadre du Prix du livre numérique organisé par Youboox. Il était nominé pour le prix du jury (dont je faisais parti) et c’est lui qui a remporté le titre. Je n’avais jamais lu de livre de Charlotte Bousquet. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. En plus, je n’ai pas l’habitude de lire des romans historiques, même si les périodes sur la guerre sont vraiment celles que je préfère. La couverture du roman est magnifique et maintenant que je connais la signification du titre… parfait ! Au final malgré quelques défauts, j’ai beaucoup aimé ma lecture !

  Dès le début on fait la rencontre de Solange, qui fuit les coups d’un père violent et tyrannique. Elle se retrouve à Paris, où elle retrouve son amie Lili. Très vite, Solange s’éprend d’un garçon pour le laisser de côté. Puis un autre, Robert, qu’elle choisit un peu malgré elle par sa situation et ses promesses de la mettre à l’abri du besoin. Le décor est planté, les choses sont vite mises en place et le lecteur ne peut qu’être curieux de découvrir la suite de l’histoire.

  Solange est un personnage qu’on ne peut qu’apprécier dès qu’on la rencontre. En connaissant son passé et son envie de s’en sortir, on la supporte et on l’encourage à s’épanouir. Certains diront qu’ils ne l’ont pas aimé au début parce qu’elle s’engouffre dans ce qu’elle a toujours connu. Oui c’est vrai, Solange fait des choix irraisonnés et bêtes. Mais il faut aussi la comprendre. Avoir une situation stable l’importe plus que tout et même si son mari n’est pas vraiment celui qu’elle pense… elle fera tout pour devenir une femme respectable et respectée. L’évolution de Solange est remarquable dans le livre. Pourtant j’aurais aimé qu’elle se fasse plus vite et que les déclics interviennent plus tôt. Peut-être un peu trop soumise, peut-être un peu trop d’arguments pour rester qui n’en sont pas. Ça peut vite devenir agaçant. D’autres personnages interviennent, certains qu’on aime comme Clémence ou Lili et d’autres moins comme Robert ou Emma… Il faut les découvrir. Peut-être aurez-vous d’autres avis sur la question.

  Le rythme est intéressant puisque Charlotte Bousquet ne se contente pas de Solange comme protagoniste. Par le biais de lettres, on voit d’autres personnages, d’autres ressentis, d’autres horizons pour donner au récit un côté riche et varié qui en fait sa force. J’ai peut-être moins apprécié tout ce maelstrom de personnages. Je m’y suis parfois perdu avec tous les prénoms. Qui était qui par rapport à qui etc. Mais les choses sont bien faites et le travail remarquable pour arriver à un tel niveau de construction du récit. Cependant, peut-être aurait-il fallu moins de lettres pour moins me perdre ? Oui sûrement, mais ce n’est que mon point de vue.

  Une chose est sûre, j’ai appris plein de choses sur la condition des femmes durant la 1ère guerre mondiale. Je savais que c’était dur mais pas à ce point. Que ce soit dans la vie de tous les jours ou dans les usines si diverses soient-elles. Le côté historique prend toute son ampleur et il est joliment mis en valeur dans ce roman. Le thème de la maltraitance est également soulevé. Thème encore d’actualité de nos jours et c’est regrettable. L’emprise psychologique, la soumission (morale et physique)… ce sont des choses qui me révoltent. Plusieurs fois j’ai eu envie de secouer un personnage et d’en étrangler un autre. Bref, des thèmes forts pour un roman fort.

  Si Charlotte Bousquet se retrouve dans une collection YA, elle peut aisément avec sa plume faire figurer son roman dans les lectures adultes. Les décors sont bien décrits, on ressent pas mal de choses à la lecture, que ce soit positif ou négatif. J’ai envie de dire que c’est une plume complète. La fin est intéressante et laisse une possibilité au lecteur d’imaginer ce qu’il a envie. Peut-être aurait-il fallu raccourcir le temps que dure le roman… pour passer un peu de temps avec Solange après cette fin. Pas de suite au programme mais l’auteure va sortir un roman où des personnages vont croiser Solange. Ce sera l’occasion de voir ce qu’il en est d’elle. Et cela avec grand plaisir.

Ma note : 8/10.

Merci à Youboox pour ce partenariat !

mercredi 16 novembre 2016

Chronique : Le reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent


Le reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent.
(Genre : Contemporain).

Editions : Au Diable Vauvert
Prix : 17€
Date de parution originale : 2 mai 2016

  Résumé : Comment, au fil de hasards qui n’en sont pas, Ambroise, le thanatopracteur amoureux des vivants et sa grand-mère Beth vont rencontrer la jolie Manelle et le vieux Samuel, et s’embarquer pour un joyeux road-trip en corbillard, à la recherche d’un improbable dénouement…


  J’ai pu lire ce livre grâce à Youboox et à leur prix du livre numérique. Je pense que sans eux, je serais passé à côté d’une belle pépite. Jean-Paul Didierlaurent est aussi l’auteur du livre « Le liseur du 6h27 ». Et je pense que je me pencherai sur cet ouvrage en 2017. Alors vous allez me dire que la couverture de « Le reste de leur vie » ne paie pas de mine. Oui c’est vrai, mais il faut dépasser cet a priori. J’ai littéralement dévoré cet ouvrage qui est au final passé à un cheveu du coup de cœur !

  L’auteur commence dès le début par présenter ses personnages. D’Ambroise à Manelle, il évoque leur quotidien dans leur travail respectif mais aussi dans leur vie privée. Une alternance dans les points de vue bienvenue puisqu’elle permet au lecteur de bien les identifier. Je me suis vite pris dans le récit, à tourner les pages et à être curieux de savoir… comment les deux personnages allaient bien pouvoir se rencontrer.

  Je me suis beaucoup attaché aux personnages. A Manelle et Ambroise mais aussi à Beth et Samuel. Ambroise le thanatopracteur est pris par son métier tous les jours. Une véritable vocation et passion. J’ai adoré ce personnage et son goût pour le travail bien fait. Sa minutie, son contact avec les familles des défunts, sa manière d’aborder les choses, son professionnalisme aussi. Cet homme m’a aussi beaucoup plus de par sa relation avec sa grand-mère. Attentif à elle mais pas surprotecteur. D’ailleurs Beth est un personnage coup de cœur qui m’a fait mourir de rire pendant ma lecture. De l’autre côté on a Manelle, aussi passionnée par son métier. Sa débrouillardise, sa sociabilité et ses habitudes affectueuses avec les personnes dont elles s’occupent m’ont plu. Comment deux personnes que tout oppose vont-elles bien pouvoir se rencontrer ?

 J’en viens au seul bémol du livre. Je trouve que l’auteur prend trop de temps pour que les personnages en viennent à se rencontrer. Peut-être aurait-il fallu couper un peu dans le vif au début. Développer d’autres points quand ils sont tous les deux. Un détail qui m’a à peine dérangé. Sinon les chapitres sont courts et se lisent vite grâce à l’alternance des points de vue. On est entraîné dans l’histoire d’une manière simple et désarmante. On se sent concerné et touché. On se met à la place des personnages et on essaie de voir comment on aurait réagi à leur place. En tout cas vous n’arrêterez pas de tourner les pages… c’est moi qui vous le dis !

  Plusieurs thèmes sont abordés dans ce roman : la mort (et oui ça arrive), l’amour, la vie et les deux métiers que font Ambroise et Manelle (thanatopracteur et aide à domicile). On apprend des choses dans le métier d’Ambroise. L’auteur a suivi un thanatopracteur pour l’écriture du roman. Du coup ça donne du réalisme au récit et un réel intérêt. J’apprécie le fait que l’auteur voit son roman comme le fil de la vie. Un fil pas tout à fait droit, fait de rencontres, de hasards et parfois d’un peu de chance. Un autre sujet majeur est abordé… mais je ne peux pas vous en parler. Je gâcherai le plaisir de votre lecture.

  L’écriture de Jean-Paul Didierlaurent est incroyable. Tout au long du roman je me suis fait cette réflexion : « le style est d’une fluidité déconcertante ! » Ça m’a surpris totalement mais dans le bon sens du terme. Sa plume possède un goût de reviens-y et on en redemande sans cesse. Combien de fois je me suis retenu de rire dans le métro (bon des fois je n’ai pas pu m’en empêcher), j’ai même eu une larme à l’œil. C’est empreint d’émotions, de bon sens et d’intelligence. Et j’ai adoré la fin ! Je n’ai qu’une chose à dire : lisez ce livre ! Il en vaut la peine et en plus… c’est un auteur français. Je ne peux donc que vous recommander cet ouvrage.

Ma note : 9/10.

Merci à Youboox pour ce partenariat !

mardi 15 novembre 2016

Chronique : Chère Alice de Cécilia Dutter


Chère Alice de Cécilia Dutter.
(Genre : Contemporain, Epistolaire).

Editions : Milady
Prix : 5,90€ (Partenariat)
Date de parution française : 21 octobre 2016

  Résumé : Quand Alexandre rencontre Alice, il ne peut s’empêcher de lui écrire le désir qu’elle lui inspire. Mais celle sur laquelle il a jeté son dévolu n’envisage pas de vivre une relation adultère, et encore moins avec le mari de sa meilleure amie. D’ailleurs, pourquoi cette femme parfaitement épanouie dans son couple s’encombrerait-elle de cet homme de vingt ans son aîné ? Alexandre ne se laisse désarçonner ni par les réponses assassines, ni par l’ironie mordante de sa correspondante. Troublée par sa persévérance, Alice va finir par lui révéler les arcanes du désir féminin. Mais le désir qui naît entre eux n’est-il pas condamné à rester inassouvi ?


  Je ne lis pas beaucoup de romans épistolaires, pourtant c’est un fait : j’adore ça. Quand j’ai eu l’opportunité de lire « Chère Alice », je n’ai pas hésité une seule seconde. Le résumé m’avait tenté tout comme la couverture. Au demeurant simple mais qui attire le regard. Que vous dire à part que j’aurais pu adorer mais que je m’attendais à y trouver autre chose. Une bonne lecture teintée de quelques défauts.

  Dès le départ j’étais vraiment à fond dans ces échanges de lettres. La façon qu’a Alexandre d’écrire à Alice m’a retourné, renversé… si j’avais été une femme, j’aurais de suite craqué pour sa plume. C’est ce qui m’a poussé à continuer ma lecture. Surtout avec les lettres sèches d’Alice, qui ne mâche pas ses mots pour rembarrer ce gars un peu trop entreprenant… même de façon épistolaire. Ma curiosité n’a pas résisté à cette envie de lire. Et de savoir comment Alice et Alexandre allaient finalement s’apprécier.

  Alexandre est un personnage auquel je me suis attaché. Par sa persévérance, sa facilité d’écriture, son ton parfois un peu pompeux mais qui fait tout son charme. Sa manière d’aborder Alice et de lui soumettre ses envies les plus inavouables. Même malgré son âge, je pense que j’aurais pu apprécier Alexandre en tant qu’ami. Alice m’a plu par son côté franche et directe, par sa façon de remettre en place Alexandre. Peut-être ai-je vu en elle des qualités que je ne possède pas… Même si elle peut paraître froide, c’est ce contraste entre les deux personnages qui m’a plu. Pourtant même si leur relation évolue, je ne pensais pas que ce serait de cette manière. Et je crois que c’est pour ça que j’ai été déçu par la tournure qu’a pris le récit. Peut-être aurait-il fallu un peu plus creuser les personnages. Rien que d’aborder un peu plus leur vie respective et sortir un peu des lettres.

  Le rythme est intéressant notamment avec ces lettres alternées entre Alexandre et Alice. Des missives courtes, qui permettent une fluidité indéniable au roman. Les personnages abordent des sujets divers et variés de leurs vies mais aussi des choses plus intimes. On est sans cesse curieux de savoir où ils vont aller et comment ils vont aborder les choses. On se prend à rire parfois, à esquisser un sourire ou à être choqué par tel propos. Et puis le livre est tellement court qu’il se lit en à peine 2 jours.

  Les relations épistolaires sont quelque chose que j’apprécie dans les romans. Cela permet parfois de sa cacher derrière sa plume ou alors au contraire de se livrer totalement. C’est le cas avec « Chère Alice ». J’ai apprécié cette relation naissante mais n’ai pas compris la route prise par l’auteure pour son histoire. Je m’attendais à une histoire d’amour, une romance toute mignonne de deux êtres ayant peut-être eu le coup de foudre. A deux personnes qui se redécouvriraient de manière inédite. Dommage pour moi, je n’ai pas été servi de ce côté-là. Pourtant il y avait matière à faire quelque chose d’intense et d’incroyable.

  Comme je l’ai dit plus haut, bien que ce soit Alexandre ou Alice qui écrivent les lettres, c’est avant tout Cécilia Dutter qui trouve les bons mots. J’ai adoré sa plume et je n’hésiterai pas à lire un autre livre d’elle à l’avenir. Un talent français à souligner. En ce qui concerne la fin, je l’ai trouvé un peu précipité. Je m’attendais encore une fois à autre chose et tout est un peu retombé comme dans un soufflet au fromage. Bien mais ça aurait pu être mieux. Si vous êtes curieux de découvrir ce livre, n’hésitez pas. Il vous fera passer un bon moment. Personnellement je m’attendais à autre chose, dommage pour moi.

Ma note : 7,5/10

Merci aux éditions Milady pour ce partenariat !

dimanche 6 novembre 2016

Chronique : Au pays de l'Ailleurs de Tahereh Mafi


Au pays de l’ailleurs de Tahereh Mafi.
(Genre : Jeunesse, Fantastique).

Editions : Michel Lafon
Prix : 16,95€ (Partenariat)
Date de parution française : 13 octobre 2016
Année de parution originale : 2016
Titre version originale : Furthermore.

  Résumé : Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood, ce monde éclatant où les couleurs sont révélatrices d’un don magique. L’incolore jeune fille de douze ans n’a donc apparemment aucun intérêt, et les habitants de ce lieu en ont fait une paria. Aussi, lorsqu’Oliver lui propose de l’aider à chercher son père, la seule personne qui a toujours cru en elle, Alice accepte. Même si le garçon est son ancien ennemi de classe et que son talent consiste à tromper son monde. Même si, pour retrouver celui qui a disparu trois ans plus tôt, ils devront explorer le dangereux pays de l’Ailleurs… Un endroit où rien n’est ce que l’on croit, et où les pièges pullulent. Un endroit où ils trouveront peut-être plus que ce qu’ils sont venus y chercher.


  Tahereh Mafi est une auteure que j’apprécie beaucoup. Notamment avec sa série « Insaisissable » que j’avais adorée ! Ici, elle nous revient avec un roman middle-grade, comprenez jeunesse. Une histoire qui change totalement de la dystopie qu’elle avait écrite auparavant. On est ici dans le fantastique pur et dur. La couverture réalisée par les éditions Michel Lafon est sympathique. Après ma lecture je comprends enfin pourquoi ce choix éditorial. Il est vrai qu’au final, elle colle bien à l’histoire. Cependant j’ai toujours une préférence pour la couverture originale. Bref, ce n’est qu’un détail. Après avoir refermé le livre, j’ai apprécié dans l’ensemble cette histoire. Mais des défauts sont venus entachés mon ressenti global.

  L’auteure a de suite su capter mon attention dans son récit. On fait la rencontre d’Alice qui est une enfant qui va bientôt avoir 12 ans. Sa maman ne l’apprécie pas tellement, ses petits frères ne se préoccupent pas d’elle et son père est parti sans jamais revenir. Alice ne fait pas la fierté de sa contrée à cause de son absence de couleur. La couleur est pourtant omniprésente à Ferenwood, elle est ce qui donne un sens à la magie. J’ai été curieux de savoir pourquoi Alice n’avait pas de couleur. Si elle avait un peu de magie en elle ou pas. Et comment l’auteure allait l’amener au pays de l’Ailleurs.

  Je dois dire que je ne me suis pas tellement attaché à Alice malgré son jeune âge. Dommage que son évolution ne la rende touchante que vers la fin. Tout au long du livre j’ai trouvé qu’elle n’en faisait qu’à sa tête, qu’elle n’écoutait pas Oliver et ses mises en garde. Qu’elle était parfois égoïste (encore qu’à 12 ans c’est normal) et qu’elle agissait comme si elle avait parfois 6 ans. Une vraie gamine qui fait des caprices. Je pense que derrière ces défauts, Alice est une personne qui cache ses vrais sentiments. Qu’elle ne comprend pas vraiment son véritable don. Ses liens familiaux sont aussi compliqués. Elle est frustrée que sa mère ne l’apprécie pas plus que ça. Surtout qu’en tant que maman, elle devrait forcément l’aimer malgré sa différence. Un personnage central en demi-teinte qui m’a à la fois plu mais pas tant que ça. Dommage qu’on ne comprenne pourquoi que vers la fin. Je vous laisse découvrir Oliver et les autres personnages plus secondaires. Ils en valent la peine.

  Le rythme de lecture aurait pu être plus dense et cadencé. Il y a des longueurs tout au long du roman qui m’ont un peu dérangé. Je pense que les interventions de l’auteure dans le livre ne sont pas essentielles. Au lieu d’intervenir personnellement, elle aurait pu laisser Alice nous livrer ses pensées elle-même. Une cinquantaine de pages pourraient être coupées pour apporter plus de dynamisme. Après les chapitres sont courts et apportent de la fluidité. L’histoire met un certain temps à démarrer mais une fois les 120 pages passées, on ne s’ennuie plus. On part à la découverte, comme Alice, du pays de l’Ailleurs.

  L’univers est assurément le gros point fort du roman. Que ce soit à Ferenwood ou au pays de l’Ailleurs, l’auteure a su m’embarquer dans ces contrées. L’histoire de ces deux villes, l’explication autour de la magie, les règles et les interdictions en Ailleurs. Tahereh Mafi a une imagination impressionnante ! J’ai été séduit je l’avoue. Après, il est vrai que j’aurais aimé encore plus de détails, plus de difficultés pour Alice et Oliver. Mais ce monde appelle à être développé. J’ai aussi apprécié les messages délivrés par l’auteure. Des messages sur la différence, l’amour familial et amical. Ce sont des thèmes qui parleront aux jeunes qui liront le roman.

  La plume de Tahereh Mafi m’a embarqué. Une plume qui appelle à l’imagination, à visualiser toutes ces couleurs, la magie de Ferenwood, les villages de l’Ailleurs. Je me suis laissé porter pour mon plus grand plaisir. Je regrette que le roman soit trop accès jeunesse. Je trouve qu’on perd en intensité. Et la fin est à mon sens un peu précipitée. C’est vraiment dommage. Bref, malgré ses défauts, « Au pays de l’Ailleurs » m’a plu par son univers original. Il est dommage que les points négatifs se placent sur des éléments cruciaux du récit. Je lirai quand même avec plaisir un autre livre de l’auteure. J’espère que sa magnifique plume servira un récit YA ou adulte.

Ma note : 7/10.

Merci à Camille et aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat !

La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.