vendredi 12 mai 2017

Chronique : Celui d'après de Jessica Cymerman


Celui d’après de Jessica Cymerman.
(Genre : Contemporain).

Editions : Charleston
Prix : 17€
Date de parution originale : 9 mai 2017

  Résumé : Jean et Anna, c'est le couple que tout le monde envie. Jeunes, beaux, follement amoureux, tout leur réussit. Le mariage est prévu, la route est tracée. Mais Jean meurt dans un accident. La vie de la jeune femme s'effondre. Les mois passent, le deuil se fait, petit à petit. Alors Anna décide qu'il faut qu'elle aille de l'avant. Et elle veut trouver l'homme parfait. Mais l'homme parfait, c'était Jean, et Jean, elle l'a perdu. Alors elle se met en tête de trouver son parfait sosie. Et quand elle rencontre Frédéric, sa vie va changer…


  J’avais très envie de lire ce roman. Notamment grâce à sa sublime couverture et aussi grâce au résumé qui m’avait beaucoup tenté. Jessica Cymerman est inconnue pour moi-même lorsqu’elle revêt la casquette de blogueuse du site Serial Mother. J’étais donc curieux de la découvrir en tant qu’auteur. Celui d’après aurait pu être un bon roman mais j’aurais traité certaines choses d’une autre manière. Au final, je suis ressorti un peu déçu de ma lecture.

  Dès le départ j’ai été troublé. La 1ère partie s’appelle « Jean », du coup je m’attendais à avoir le point de vue de ce dernier. En fait pas du tout, on a le point de vue d’Anna durant tout le roman. Outre ce petit détail, j’ai de suite était plongé dans l’histoire. Avec une très grande facilité, l’auteur m’a alpagué dans son récit et je me suis laissé aller avec plaisir. J’avais donc hâte de découvrir la suite.

  Anna est un personnage que j’ai adoré au début et à la fin, mais pas au milieu. C’est une femme naturelle et un peu naïve qui a les réflexions de madame tout le monde. C’est pour ça que je l’ai autant apprécié. De la voir évoluer de sa rencontre avec Jean jusqu’au décès de son amour, c’était très intéressant. Anna et Jean ont des manies, des habitudes, des rituels et qu’ils s’entendent aussi bien fait plaisir à voir. Pourtant, la manière d’Anna de traiter son deuil ne m’a pas paru naturelle. Et surtout, elle était dans l’excès tout le temps. Elle m’a tapé sur le système pendant ma lecture. Jean est un personnage qu’on adore quand on le rencontre. Et je n’en dirai pas plus sur lui. Quant à Frédéric, il aurait mérité d’être un peu plus approfondi. L’histoire avec ses sœurs et sa mère était une bonne piste.

  Le rythme est bon. Le roman est court, il est divisé en partie et les chapitres ne sont pas longs. Il se passe beaucoup de choses dans ce petit livre. On suit Anna et ses choix de vie, on accepte ou pas ce qu’elle fait. Il y a toujours des situations un peu cocasses, rocambolesques ou totalement loufoques. Tous ces éléments dynamisent le récit et ce n’est pas plus mal. Ce qui m’a gêné c’est la structure de l’histoire. L’auteur prend le parti de raconter son histoire de manière linéaire. C'est-à-dire de la rencontre d’Anna avec Jean, jusqu’à son accident, puis la vie d’Anna sans Jean. Personnellement j’aurais débuté mon histoire directement sans Jean et petit à petit, j’aurais inséré des souvenirs de Jean lorsqu’Anna se trouve dans une situation qui lui rappelle un souvenir. Ça aurait amené plus de cachet au récit et il aurait été plus émouvant.

  J’ai adoré la manière qu’a l’auteur de traiter l’amour avec un grand A. Le couple Jean-Anna est beau et on l’envie ! J’ai parfois souri bêtement devant telle ou telle situation lorsqu’ils étaient ensemble. Le thème du deuil n’est pas assez bien abordé pour moi. L’auteur a fait des choix qui ne me conviennent pas personnellement. Je n’ai pas trouvé ça crédible et c’est dommage. Certes j’ai eu de la peine pour Anna et son couple. Mais sa reconstruction est trop tirée par les cheveux. Il en est de même pour l’histoire avec Frédéric qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Je suis déçu de ses aspects-ci.

  Enfin la plume de Jessica Cymerman est simple mais fluide. C’est un très bel atout pour un premier roman et il ne faut pas le négliger. La fin est pour moi trop précipitée et je ne l’ai pas trouvée crédible, encore une fois. Dommage que Celui d’après ait autant de défauts. L’auteur avait les idées, mais pour moi, elle n’a pas su les valoriser correctement. Je pense qu’il faut se faire son propre avis sur ce livre. Soit ça passe, soit ça casse.

Ma note : 5,5/10.

mardi 9 mai 2017

Chronique : À fleur de peau de Saverio Tomasella


À fleur de peau de Saverio Tomasella.
(Genre : Contemporain, Pratique).

Editions : Leduc.s
Prix : 15€
Date de parution originale : 15 mai 2017

  Résumé : Flora a tout pour elle : un fils drôle et adorable, un mari brillant, des amis sincères, un jardin qu’elle aime et un beau cerisier. Pourtant, elle a l’impression que son extrême sensibilité la rend difficile à comprendre, perturbe sa confiance et la pousse parfois à se replier sur elle-même. Un soir, elle rencontre Marc, professeur de yoga… Comment l’aidera-t-il à surmonter son hypersensibilité ?


  Ce livre m’a de suite tenté par le sujet abordé et par son côté pratique mis en avant. En effet, les éditions Leduc.s sont connues pour leurs ouvrages pratiques. Et l’idée de faire un roman tout en initiant un apprentissage pour le lecteur, c’est une bonne idée. De plus l’auteur est docteur en psychologie, il sait donc de quoi il parle. Je trouve la couverture canon et le titre très bien trouvé. Il n’en fallait pas plus pour me laisser tenter. Et j’ai passé un très bon moment !

  On commence directement par être confronté aux problèmes de Flora. Et c’est super de se mettre directement dans le contexte de l’histoire. Flora est une jeune femme hypersensible qui avec le moindre grain de sable se renferme sur elle-même. Pourtant grâce à sa rencontre avec Marc, elle va faire un travail sur sa psychologie et son stress presque permanent. J’ai de suite eu envie de voir cette évolution.

  Flora, notre protagoniste, m’a touché dès le départ. J’ai pris un plaisir à la suivre et à voir son évolution. Elle va être confrontée à plein de choses dans sa vie et Marc va lui faire ouvrir les yeux sur beaucoup de choses. Sur son couple, son fils, son travail, ses amis et sur ses habitudes. On voit les étapes franchies, on est derrière Flora et on la soutient avec plaisir. Elle se fait plus forte et plus déterminée, et c’est super à voir. Marc est un personnage hyper important aussi. C’est le pilier de Flora et son moteur. Les astuces qu’il lui donne sont excellentes et on est content de les avoir aussi, finalement, pour nous. Théo, le fils de Flora, est aussi très touchant et très mature pour son âge. Il y a d’autres personnages qu’on aime, d’autres qu’on déteste, mais c’est ça qui est bien ! Par contre certains personnages auraient mérité d’être plus approfondis.

  Le rythme est intéressant puisque le roman se découpe en saisons. Cela permet de voir l’évolution de Flora dans son esprit et son corps, elle qui est très sensible au changement des périodes. Le livre alterne entre moments de dialogues et moments narratifs. J’ai apprécié le bon dosage entre les deux, cela permet de dynamiser l’histoire. Les chapitres et le roman sont aussi courts et du coup, l’histoire se lit très vite.

  Ce que j’ai apprécié, c’est le côté initiatique du livre. Le fait qu’on se retrouve dans les réflexions de Flora, qu’on s’identifie à elle facilement. On prend les conseils de Marc pour soi (en fait de Saverio Tomasella) et cela nous permet aussi d’avancer de notre côté. Il y a des fois où je me suis retrouvé en Flora. Cette histoire m’a permis de réfléchir sur ma sensibilité et à l’accepter. Parce qu’être un garçon et être sensible, en fait, ce n’est pas grave. Au contraire, c’est une force. Le guide pratique à la fin du roman est aussi un bon moyen d’entamer un processus pour accepter son hypersensibilité.

  La plume de l'auteur est simple mais fluide. On peut ressentir des choses et c’est intéressant. La fin est appréciable même si elle est un peu précipitée. De même que la relation qu’entame Flora avec Pascal. Mais je cherche la petite bête. C’est en tout cas un roman que je vous recommande, vous passerez un très bon moment !

Ma note : 7,5/10.

dimanche 7 mai 2017

Chronique : Fragiles de Sarah Morant


Fragiles de Sarah Morant.
(Genre : Romance jeunesse).

Éditions : Hachette
Prix : 17.90€ (Partenariat)
Date de parution originale : 5 avril 2017

  Résumé : Gabriel a toujours été le bad boy du lycée : celui qui frappe avant de parler, qui fait craquer toutes les filles mais ne s’attache jamais. Brittany incarne la peste par excellence, à la répartie vicieuse, et au joli minois qui ne laisse aucun garçon indifférent. Pourtant, derrière leurs apparences montées de toutes pièces, tous deux cachent de profondes blessures qui les éloignent des autres. Dans cette course pour cacher leurs cicatrices, Gabriel et Brittany se cherchent mutuellement… Se trouveront-ils ?


  Après avoir beaucoup aimé le premier roman de cette jeune auteur, j’avais très envie de découvrir une nouvelle histoire. Et puis il faut dire que quand le résumé parle de bad boy, j’en suis d’autant plus tentée. Je remercie les éditions Hachette de m’avoir permis de faire cette belle lecture. Je me suis laissée emporter par l’histoire malgré ses petits défauts.

  Avec Fragiles, nous allons suivre plusieurs jeunes personnages écorchés par la vie. Il y a d’abord Gabriel, 18 ans, qui a hâte de finir le lycée pour partir faire le tour des États-Unis. Il est celui qui cache le plus sombre secret mais c’est aussi celui auquel on s’attache le plus. Il a la réputation d’être un séducteur qui profite de ses conquêtes avant de s’en débarrasser sans le moindre scrupule. Mais il est aussi très bagarreur et colérique. Au moindre mot de travers, il peut exploser. Nous rencontrons également Brittany et Vanessa. Les deux meilleures amies, reines du lycée. Des petites pestes inabordables qui semblent autant superficielles l’une que l’autre de prime abord.

  Au départ, nous suivons en alternance Gabriel et Brittany. Nous apprenons à les connaitre au fil de leur point de vue et à travers un défi qu’ils se lancent. Petit à petit nous découvrons ce qui les torture et progressivement ils livrent leur secret. Mais Gabriel, s’est forgé très jeune une carapace et parvient à ne pas trop se dévoiler. J’ai beaucoup aimé les chapitres de Gabriel. Ils sont souvent accompagnés de bribes de ses souvenirs d’enfance. Alors qu’il n’est âgé que de 6 à 8 ans, nous comprenons que quelque chose de grave est arrivé.

  Au fil de l’histoire, l’auteur donne voix à d’autres personnages. Le lecteur découvre ainsi les pensées de Vanessa, de Jake le petit frère de Gabriel, mais aussi de Patrick leur père adoptif. Avec ces interventions, Sarah Morant réussit à mêler plusieurs intrigues. Elles captivent le lecteur qui veut connaitre le dénouement de chacune. Et puis vient la voix d’Evangeline qui accentue notre curiosité. Le début peut paraître un peu lent mais dans cette histoire, chaque détail a son importance. Je me suis laissée prendre aux jeux de Gabriel et Brittany. Je n’avais aucun parti pris, tous les deux devaient gagner. Et malgré toute mon attention, j’ai été surprise par la révélation finale.

  J’ai vraiment beaucoup aimé Fragiles. Encore une fois l’auteur ne passe pas loin du coup de cœur avec moi. J’ai malheureusement été gênée par des petits défauts. Des répétitions, trop d’incises dans les dialogues alourdissent un peu le texte. Mais franchement, l’histoire est tellement prenante que tous ces petits défauts sont vite oubliés. Les personnages sont biens travaillés et le lecteur peut s’attacher à chacun d’entre eux. J’ai eu plusieurs fois l’estomac noué et les larmes aux yeux tant je vivais l’histoire avec eux.

  Avec Fragiles, Sarah Morant confirme son don pour écrire des romances profondes et riches en émotions. Elle n’a que 17 ans et je suis persuadée qu’avec le temps, sa plume s’affirmera. Cette jeune fille est à surveiller de près et je lirai avec grand plaisir ses prochains romans !!

Ma note : 8/10

Merci à Myriam et aux éditions Hachette pour ce partenariat !